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mercredi 02 avril
Din-Diu et le butinage
Il y a plus d'un an déjà, je me suis retrouvé en présence d'un petit copillage ; on m'avait récupéré une de mes photos "en douce". Peu importe, la reprise relevait plus de la citation que du plagiat.
Il y a plus d'un mois de ça, j'ai passé mon samedi au salon Primevère à Lyon. J'en ai profité pour aller voir des conférences. D'abord celle très intéressante et instructive de Jacky Dupéty, au sujet du B.R.F. (bois raméal fragmenté) ou aggradation. Ensuite celle de Jean-Paul Thorez, au sujet de la lutte contre les maladies et les ravageurs dans le jardin bio.
Je suis allé à cette conférence, non pas pour vraiment y apprendre quelque chose, mais plus par curiosité et parce que j'espérais croiser l'intervenant, Jean-Paul Thorez, ex-rédacteur en chef de la regrettée revue "Nature et Jardin" dont j'avais commencé à présenter les premiers numéros.
Au cours de la conférence, j'ai quasiment fait un bond de surprise dans ma chaise. "Mais cette photo je la connais !!", me dis-je en mon for intérieur. C'était bien une de mes photos, celle d'un abri à perce-oreille figurant dans le billet "Le dossier P.U.C.E.R.Ø.N." , mais le logo en moins ...
Je reconnais d'avoir été déçu que le logo ait été viré. Mais c'est vrai que franchement il était plutôt voyant. En tout cas, j'ai profité de l'occasion pour discuter avec Jean-Paul Thorez et d'être d'accord avec lui que la revue "Nature & Jardin" était un très bonne revue arrivée trop tôt dans l'univers des jardiniers amateurs.
Et puis la semaine dernière , en cherchant je-ne-sais-quoi-je-ne-sais-où, je tombe sur ce document PDF, et devinez quoi ? allez voir en fin d'avant dernière page et début de dernière page ... Quant à l'original il se trouve par là.
Mais au moins, le logo est resté et j'ai été cité. Par contre le lien vers mon blog ne fonctionne pas. Décidément, c'est pas de bol ...
Et si jamais vos tombez sur mes œuvres en dehors de mon blog, signalez les moi. Pas de bile à se faire, ce n'est pas pour faire des procès ;-p
mercredi 30 mai
L'immortalité du jardinier
Je ne suis pas du tout amateur de rose, j'aurais même une certaine inimitié à leur égard. Cela remonte à une mauvaise expérience de l'enfance à base de grenier à maïs, d'épines de rose et de gravité ... Cependant il se trouve que quelques unes d'entre elles font partie d'un massif de fleurs.
Elles ont au moins l'avantage de me rappeler une citation de Bernard de Fontenelle, écrivain et poète, né en 1657 et mort cent ans plus tard. Il écrivit :
"Si les roses qui ne durent qu'un jour faisaient des histoires... elles diraient : "Nous avons toujours vu le même jardinier. De mémoire de rose, on n'a vu que lui... Assurément, il ne meurt point comme nous, il ne change seulment pas !" Ce qui se résume le plus souvent ainsi : De mémoire de rose, jamais on n'a vu mourir un jardinier."
jeudi 12 avril
Les arnaques à l'écologie, pour très bientôt ?
Quand je fais allusion à une arnaque écologique, je ne pense pas aux promesses électorales, ni aux conseils donnés par ceux qui ne les suivent même pas ...
Non, je pense plus à une façon de procéder qui pourrait se généraliser et dont j'ai eu l'occasion d'assister à un échantillon.
Quelques jours en arrière, j'étais chez ma mère quand elle reçoit de la visite. Je l'entends discuter avec une personne venue faire une enquête. De la pièce à côté, je comprends vaguement qu'il s'agit de faire un diagnostic des moyens de chauffage des particuliers, lesquels pourraient avoir besoin de conseils en matière d'énergies renouvelables. C'est dans l'air du temps, et j'ai alors pensé que sans doute c'est un organisme public qui est à l'origine de cette démarche.
Ma mère finit par m'appeler pour l'aider à donner des précisions sur ses modes de chauffage. En effet, ma mère utilise, pour se chauffer, de l'électricité (ponctuellement), du fuel (de moins en moins) et du bois (de plus en plus). Connaissant mon sujet, je discute avec l'enquêteur.
Mais plus la conversation avance et plus j'ai des doutes. Ma mère privilégie le bois, et le point faible de sa maison est l'isolation, laquelle reste à améliorer. Donc rien d'autre n'est envisageable dans l'immédiat. Mais l'enquêteur insiste sur le chauffage solaire, la géothermie ... Nous continuons à parler du sujet, j'aborde les maisons à énergie positive et les maisons passives, puis la construction de lotissements de type "développement durable", en cours dans les environs. A partir de ce moment, mon interlocuteur me semble un peu largué. Je lui demande pour quelle structure il travaille, et j'ai le fin mot de l'histoire.
Mon enquêteur est en fait un commercial, ou plutôt un représentant pour une société de climatisation et de chauffage. Il n'est pas là pour enquêter mais plutôt pour vendre. Je l'aurais rencontré en premier, je lui aurais demandé de suite pour quel organisme il travaillait et je me serais épargné quelques minutes de discussion finalement inutile. Systématiquement, je dis "non" à un représentant, parce que de toute façon il cherche à me vendre quelque chose dont je n'ai pas besoin, car si j'en avais vraiment besoin je me déplacerais pour l'acheter.
Un domaine florissant de vente à la mode (l'écologie) et qui joue sur la corde sensible (celle de l'écocitoyenneté), des produits aux prix plus accessibles d'année en année, des promesses de retours rapides sur investissement (de l'énergie gratuite !) et des aides de l'Etat font que prolifèreront des entreprises qui voient là l'occasion de faire facilement des profits de façon plus ou moins honnête. C'est bien trop tentant.
Attention ! la société, pour laquelle démarchait le représentant que j'ai rencontré, est sans doute sérieuse. Je n'ai aucune preuve du contraire. Cependant, d'autres avec moins de scrupules auront tôt fait d'abuser de la crédulité (ou de la cupidité) de familles, de couples de petits vieux pour leur installer des systèmes de chauffage inadaptés, inutiles ou défaillants.
Les cuisines incorporées, les adoucisseurs d'eau, etc, ... sont des exemples d'installations ayant fait l'objet d'arnaques par le passé. Alors pourquoi pas des arnaques sur le chauffage solaire, la géothermie, mais aussi le toit enherbé, le photovoltaïque, le système de phyto-épuration, ... ? Le filon de l'écologie et du développement durable est devenu un gros filon, il suffit de se balader dans le salon des Energies Renouvelables ou Pollutec pour s'en convaincre sans difficulté. Et là où il y a de l'argent, il y a aussi exploitation voire escroquerie.
Donc prudence, sous prétexte que vous êtes à fond dans le mouvement contre le réchauffement climatique ou autre pollution, il ne faut pour autant pas céder au chant des sirènes, même si elles présentent bien et ont une cravate.
Quelques conseils :
- Allez au devant des entreprises. Dans les salons commerciaux, elles sont regroupées en fonctions de leur domaine, il est même possible de faire jouer la comparaison puis la concurrence entre elles.
- Soyez bien informé. Que ce soit par ces salons, l'internet ou autres, connaître de façon indiscutable ses besoins et ce qui existe en la matière, est le plus simple pour éviter les pièges.
- Et en cas de démarchage à domicile, il faut penser aux 7 jours de rétractation (voir la fiche consommation de la DGCCRF).
vendredi 30 mars
I Got The Bluegs !!
Bluegs [blugz] n. m. (ang. blues, mélancolie et blog, journal internautique), état d'un blog et/ou de son auteur, se manifestant par une absence plus ou moins prolongée d'édition de billets.
Synonymes : splog (ang. spleen et blog), blognantise.
Antonymes : blouguimie, blogorrhée.
_ ENCYCL.
Les raisons à l'état de bluegs sont diverses et éventuellement complémentaires :
- Le blogueur/la blogueuse, se trouve dans un état dépressif, mélancolique chronique. Il est au 36° dessous.
- Le PageRank du blog est à 1 et ne décolle pas. A quoi bon se décarcasser pour n'être lu par personne.
- Le PageRank du blog atteint des sommets et ne semble pas s'arrêter. Face à cela et aux responsabilités vis à vis de son public, le blogueur/la blogueuse flippe à mort et est tétanisé/e.
- Il y a un temps pour tout. En particulier pour les blogs de bricolage, jardinage ou autre, pour avoir quelquechose à dire sur son blog, il faut d'abord bricoler, jardiner ou autre.
- Des fois ça arrive, le blogueur/ la blogueuse n'a rien à dire. Mais alors rien de rien ... ce qui peut le/la ramener à la première raison.
- Le blogueur/ la blogueuse, bien qu'ayant des choses à exprimer, a tout simplement autre chose à faire : travailler, s'occuper de sa famille, avoir quelques loisirs ou glander.
- Le blogueur/la blogueuse est fâché/e avec son ordinateur. Il/elle ne peut plus l'encadrer, et encore moins l'approcher. Pas d'ordi, pas de blog !
-Enfin, la rupture : le blogueur/la blogueuse ne se sent plus d'intérêt pour une activité blogosphérique. De l'activité, il/elle passe à la passivité, et de blogueur/blogueuse devient un/une banal/e internaute.
Les raisons données ci-dessus sont les principales recensées. De façon plus anecdotique, certains blogueurs/certaines blogueuses invoquent le réchauffement climatique qui dérèglerait les saisons, avec pour conséquence néfaste une modifications de l'humeur des auteurs de blog.
Hors catégorie, on doit signaler "le blog coup de pub". Il est le fait de personnalités politiques, du show-biz, du journalisme, ... Une fois le coup de pub passé, le blog est souvent délaissé.
Le bluegs n'est pas contagieux et pourtant, il est avéré que des blogs, voisins au sein de la blogosphère, suspendent plus ou moins simultanément leur activité. Le bluegs est souvent passager.
vendredi 16 février
Double zéro pointé pour Vélo'V ?
Dans le JT de 20 H de France 2 du 12/02/07, suite à la décision du Conseil de Paris d'adopter un plan de déplacement urbain qui vise à diminuer de 40 % la circulation automobile dans Paris d'ici 15 ans, les journalistes se sont livrés à une expérience. Sur une distance de 9 km, ils ont voulu savoir quel était le mode de déplacement urbain le plus rapide à 8h00 du matin en plein dans la capitale : bus, auto ou vélo ? Le résultat est sur la droite.
Le vélo, vainqueur de cette course sera-t'il le moyen de déplacement urbain du futur ... ?
Moi à Lyon, j'ai testé aussi mais avec le système Vélo'V (prononcer "vélove"). Mon inscription à ce service est récente.
Mis en place par JC Decaux en tant que mobilier urbain, c'est un système de vélopartage, qui me permet d'emprunter un vélo à une station et le déposer à la station la plus proche de ma destination. La première demi-heure est gratuite. De prime abord, le concept est encourageant. Dans la réalité, mes premières expériences montrent que la chose n'est pas si simple.
Le premier essai s'est fait sur une courte distance. Pas de problème. Je découvre comme débloquer le vélo de la borne, je règle la hauteur de la selle, je range mon lecteur mp3, je me familiarise avec les vitesses, et zou ! D'entrée, je constate que ce sont des vélos solides et (donc) lourds. Pas question de faire la course avec.
Ensuite, autre constat, entre mon point de départ et celui d'arrivée, il n'y a pas de pistes cyclables. Commandé par mes habitudes de piéton et d'automobiliste, je n'ai apparemment pas pris l'itinéraire idéal. Pas de plan, ni signalisation font que je me débrouille comme je peux.
J'arrive à destination, je galère un peu pour enclencher le vélo dans la borne, mais ça va.
Pour le second essai, ça se gâte.
D'abord, Lyon n'a de réelles pistes cyclables que depuis peu de temps. D'où la conséquence suivante : les piétons sont peu habitués à la cohabitation. Sur un trottoir de 4 m de large, une moitié leur est réservée, l'autre étant pour les vélos. Le lyonnais est une bourrique, et je suis bien placé pour le savoir. Quasiment tous les piétons marchent sur les pistes cyclables, et leur portion de trottoir est déserte. Circuler à vélo devient alors slalomer à vélo.
Ensuite, Vélo'V n'est (à cette heure) pas parfait. Il n'y a pas de stations de partout, et certains secteurs, à distance des grands axes de la ville, en sont peu pourvus. De plus, hors internet, il n'y a de cartes ni des stations, ni des pistes cyclables.
Donc, ce second essai est l'occasion de passer voir un pote, tout en profitant de ce beau et chaud soleil "hivernal". Seul hic, je ne sais pas où se trouve la station Velo'V la plus proche de chez lui. "Je verrai ça sur place" me dis-je. Erreur ! Après quelques minutes à tourner en rond, j'abandonne et repose le vélo à la première station que je croise. Finalement, si j'étais allé à pied, j'aurai mis deux fois moins de temps.
Leçon à retenir : ne pas se fier à son instinct quand il est question de Vélo'V.
Le troisième essai est plutôt humide. Je débloque le vélo, il fait gris et à peine deux-trois gouttes de pluies tombent. Je ne suis qu'à 5-10 minutes de ma destination, donc j'y vais. En arrivant, j'ai une mauvaise surprise, toutes les bornes sont occupées. Je me lance à la recherche de la borne libre. Cinq stations et une bonne averse plus tard, je ne trouve toujours pas de place pour poser le vélo. Je suis trempé mais je continue.
A un feu rouge, je suis rattrapé par une charmante jeune femme aussi en Vélo'V. Je me tourne vers elle. "A la recherche d'une place libre ?" "Oui" me répond-t'elle dans un souffle assez désemparé. Et la pluie redouble d'intensité. Trente mètres plus loin, enfin une borne libre. Je me retourne vers ma compagne d'infortune pour lui proposer de s'arranger et ne pas avoir à payer au delà de la demi-heure gratuite, mais elle est déjà loin. Je devais peut-être paraître bien trempé pour qu'elle n'insiste pas ...
En reposant le vélo, j'apprends que, quand la station de destination n'a pas de borne de libre, je bénéficie de 15 minutes de rab pour aller vers les bornes libres les plus proches indiquées. Sauf qu'elles sont présentées par le numéro de la station, ce qui ne me dit pas où elles se trouvent en l'absence de plan !
J'ai encore mis plus de temps en vélo'V qu'à pied, mais cette fois-ci, je suis également complètement trempé.
En fait, je crois que ma situation ne peut que s'arranger et que je viens de tester le pire de Vélo'V. Je l'ai d'ailleurs bien cherché en me lançant dans cette expérience en plein hiver. Et je n'aurai peut-être pas eu ce genre de soucis en été (tout simplement à cause d'une pénurie de Vélo'V).
Ce que j'ai vécu sera bientôt de l'histoire ancienne. Le Grand Lyon (la Communauté Urbaine de Lyon) va mettre à disposition un plan destiné aux utilisateurs de Vélo'V "Vélo'V en poche" à partir du 20 février. Celui-ci devrait faciliter la navigation parmi les 250 stations actuellement opérationnelles.
A cela il faut ajouter qu'une signalisation est à l'étude, avec la possibilité d'afficher les places et vélos disponibles.
Cette nouvelle façon de se déplacer a eu rapidement du succès. En plus d'avoir un caractère respectueux de l'environnement, Vélo'V peut être à l'origine d'une communauté de personnes qui par choix ou nécessité l'utilisent. Contrairement au cocon de la voiture, on est tout de même plus enclin à discuter avec l'autre utilisateur ou utilisatrice de Vélo'V ou plus communément de vélo. Le garde-boue rouge du Vélo'V devient même un signe de reconnaissance, d'appartenance à un groupe. Ce groupe a d'ailleurs déjà un forum Le vélo dans le Grand Lyon.
Pas de zéro pointé pour Vélo'V, petit à petit il tient tout de même ses promesses. Mais je reste malgré tout perplexe sur son mode de financement provenant des recettes publicitaires. Si celles-ci venaient à ne plus être suffisantes, qu'adviendra-t'il du service fourni ?
Le vélopartage a un avenir florissant. JC Decaux a même cherché à renégocier son contrat avec le Grand Lyon, lequel, face à ce succès qui redore le blason de la ville, a bien sûr refusé.
Et maintenant, quelle sera la prochaine ville a adopter le Vélo'V ?
Liens :
- Vélo'V
- Forum vélo et Vélo'V
- Simulation de Vélo'V
mardi 13 février
Un hiver qui n'en est pas un
C'est la remarque que je me suis fait en regardant mon fourré de bambou. Quasiment pas de feuilles brunies par le froid, elles ont toute gardé un vert tendre, lumineux et "appétissant".
Chaque année, le gel en grillait une grande partie. Pas cette fois-ci.
Jusqu'à maintenant l'hiver 2006-2007 s'est à peine fait sentir. Un peu de neige et moins d'une semaine de gel. Hiver doux à New-York, enneigé en Californie, et Tokyo sans neige pour la première fois depuis 130 ans. Peut-être que ces hivers bizarres sont anecdotiques, que l'on traverse une période de douceur. Sans parler de réchauffement climatique, on se doit cependant d'être vigilant et attentif à ces changements.
Toujours est-il que les jonquilles et les narcisses ont déjà pris de l'avance. Même mes lys commencent à pousser !
Et que dire du hérisson tout les soirs dehors. Le hérisson n'hiberne pas vraiment, il se met à l'abri et sort chaque fois que le temps se radoucit. Donc ces jours-ci, ou plutôt ces nuits-ci, il est toujours de sortie. Tout irait pour le mieux si les limaces et autres nourritures était aussi de sortie, ce qui est moins évident. Pour lui venir en aide, je lui mets à disposition, un dessous de pot de fleur en tant qu'écuelle, avec des croquettes ou des biscuits pour chien (pour chat, ça fait aussi l'affaire) mouillés (pas de lait ni pain). En un rien de temps ça disparaît.
lundi 08 janvier
Anciennes traditions, nouvelles traditions
Autour d'un café et de biscuits à la noix de coco,je discutais avec ma grand-mère. Je ne sais pas comment je suis venu à parler d'un bouquin que je suis en train de lire. Peut-être en évoquant le purin d'ortie.
Dans ce bouquin daté de 1929, il n'est fait aucune allusion à la coccinelle en tant qu'alliée du jardinier face aux pucerons.
Ma grand-mère se souvint alors de moments de son enfance passés dans le potager de sa tante. C'était il y a un peu plus de 60 ans.
Les pieds de haricots étaient couverts de pucerons. Ma grand-mère, une coccinelle au bout du doigt, chantonnait :
" - Bête à Bon Dieu, vole, vole, vole
Bête à Bon Dieu, vole jusqu'aux cieux."
Et la tante lui rétorque séchement:
"- Débarrasse toi donc de cette bestiole, tu vas attirer les pouillons !"
En patois lyonnais, un pouillon est un puceron. C'est pour moi l'occasion de dépoussiérer une expression que je n'ai pas utilisée depuis longtemps : "être cafi de pouillons". Une salade, par exemple, est cafi de pouillons quand elle est recouverte, pleine, remplie de pucerons.
Et ma grand-mère poursuit l'évocation de ses souvenirs. Elle revient aux orties, et à la hantise qu'elle éprouve à leur contact.
L'ortie, on le sait bien, a de multiples utilisations. Une des tâches de ma grand-mère quand elle était enfant, était de ramasser les orties, les coupâter (les hacher menu) puis les mélanger avec du son pour l'alimentation des lapins. Et tout ça à mains nues, d'où la hantise citée ci-dessus.
Une poignée d'ortie servait également à faire la vaisselle. Enfin, la plante était aussi utilisée pour laver le linge noir.
Et dernière anecdote, ma grand -mère me parle d'une de ses parentes qui, chaque matin, vidait son pot de chambre (les W-C intérieurs sont un luxe relativement récent), et jetait le rinçon (l'eau de rinçage) dans son massif de rosiers. Les roses y étaient superbes ...
Je pensais sincèrement que l'appétit de la coccinelle pour les pucerons était connu depuis longtemps. Mais non. Jusqu'à une certaine époque, le savoir traditionnel était un savoir empirique, fondé uniquement sur l'observation et l'expérience. On en restait aux symptômes, à partir desquels on échaffaudait des hypothèses plus ou moins confirmées par l'expérience. Ainsi là où il y a des coccinelles il y a des pucerons, donc les coccinelles attirent les pucerons. Et l'ortie nettoie bien les plats.
On peut considérer que la tradition d'aujourd'hui, la nouvelle tradition, se fonde sur des éléments plus scientifiques et des observations naturalistes. Là où on voit des coccinelles, on voit aussi des pucerons parce que les pucerons attirent le prédateur que sont les coccinelles. Et sachant que l'ortie est riche en silice, je comprends très bien qu'une poignée de cette plante soit légèrement abrasive.
La tradition n'est donc pas si sclérosée qu'elle y paraît. Tandis qu'elle se transmet d'un individu à l'autre, d'une génération à la suivante, d'une région à la voisine, elle évolue, et peut-être qu'elle se doit d'évoluer. Et peut-être aussi qu'une tradition immuable n'en est pas vraiment une.
Enfin certes, la tradition n'a pas toujours raison, mais ce n'est pas pour autant qu'il faut la jeter aux orties ...
vendredi 29 décembre
Les piles rechargeables, pas si écolos que ça ? (IIème partie)
La question n'est pas : "Les piles rechargeables sont elles plus écolos que les piles jetables ?" parce que là, la réponse est sans hésitation oui.
Le calcul est simple : j'achète une pile rechargeable, je la recharge jusqu'à mille fois, je recycle une pile. Alors que pendant ce temps, pour une même consommation, j'aurais recyclé neuf cent quatre-vingt dix neuf piles jetables de plus.
1000 piles recyclées, c'est la situation idéale. Selon l'ADEME, 70 % des piles finissent dans la nature, dans la décharge, ou alors sont incinérées avec les ordures ménagères. Donc 30 % partent au recyclage.
Mais, seulement 75 % de la pile est valorisable, réexploitable, dans le cas des piles rechargeables, contre 60 % dans le cas des piles jetables.
Ramené à la consommation citée ci-dessus, tandis que 22,5 % (75 % de 30 %) d'une pile rechargeable est réutilisable, seulement 18 % (60 % de 30 %) des 1000 piles jetables l'est. En quelque sorte, 180 piles retournent dans le circuit, et 820 sont perdues, inexploitées.
En plus de cela, la fabrication d'une pile nécessite jusqu'à 50 fois plus d'énergie que celle libérée lors de son utilisation ... Et heureusement, le mercure n'est plus utilisé dans ces piles. Mais ça ne fait qu'atténuer l'impact sur l'environnement.
Des petits gestes sont anti-gaspi. Par exemple, les piles utilisées dans des appareils gourmands (balladeurs, radio, consoles de jeu, lampes, ...), une fois fatiguées, peuvent être encore utilisées, dans des appareils aux besoins moindres (télécommande, réveil, ...).
Pour ce qui est de la question : "Les piles rechargeables, pas si écolos que ça ?" je dirais oui mais avec des nuances du style peut mieux faire.
Déjà, il existe deux catégories de piles rechargeables : les nickel-hydrure métallique (Ni-Mh) et les Nickel-Cadmium (Ni-Cd). Les premières, plus chères, contiennent moins de produits toxiques, et ont d'autres avantages à l'usage.
Par contre les piles rechargables ont aussi un effet pervers.
Tout comme l'isolation d'un logement qui, dans certains cas, induit une augmentation de la surface chauffée et donc de la consommation énergétique. Les lampes fluocompactes consomment moins et durent plus longtemps. C'est alors si facile de mettre alors deux lampes là où il n'y en avait qu'une ... Ce genre d'attitudes est hélas fréquent.
Et c'est en fait plutôt une remarque personnelle qui m'a amené à me poser la question. Depuis que j'ai des piles rechargeables, j'utilise plus de piles que du temps où j'utilisais des jetables. Les jetables n'étaient pas chères à l'achat, mais je les économisais pour ne pas à en acheter sans arrêt. Donc certains appareils, dont une lampe-torche multifonction, ne sortaient pas souvent du placard.
Maintenant, quelques heures de charge, et c'est reparti. La lampe torche sort tous les soirs et le lecteur mp3 fait presque les trois huit. Même si je paie l'électricité, je ne me rends pas compte, sur le moment, des coûts pécuniaires et énergétiques. Ma consommation en équivalent-pile a, en quelque sorte, plutôt augmentée ...
Et encore... j'ai abandonné depuis quelques années le téléphone portable, et je n'ai pas de console de jeu. Mais j'ai un balladeur mp3.
Notre mode de vie devient nomade à courte distance. Tout nos objets du quotidien nous suivent là où l'on va : le téléphone, la console de jeu, le lecteur mp3, l'ordinateur, ... Et généralement, il sont toujours en position de marche. On fait la chasse aux appareils électriques en veille, et on en pense pas forcément à ceux qui se balladent dans nos poches. Pourtant, un téléphone en veille, même s'il n'est pas branché au secteur, consomme également de l'énergie.
On critique les industries qui utilisent le principe de "pollueur-payeur" non pas comme une incitation à moins polluer par souci d'économie, mais comme un droit acquis à polluer. Or le citoyen en fait quasiment autant. Il se voit offrir des moyens d'économiser, et finalement, profite de ce gain pour consommer et gaspiller ailleurs. Civisme écologique commence par soi-même.
C'est après avoir pensé à ce paradoxe des piles rechargeables, que j'ai entendu parler du livre de Jean-Marc Jancovici "Le plein s'il vous plaît" où il écrit que "l’apparition de technologies sobres libère de l'argent que nous
consacrons à l'achat de produits dont nous nous passions jusqu'à
présent. La maitrise de l'énergie c'est donc aussi une affaire de
comportement." ... donc ça va, je suis dans le mouvement.
Et vous, l'êtes vous ?
Liens :
- Les Amis de la Terre : Stop aux Piles !
- Tout sur les piles
- France Info, Planète Environnement.
lundi 25 décembre
Noël - Ø : C'est Noël
Joyeux Noël à tous !!
Ma crèche n'a pas subi d'aménagements récents, et l'animation date un peu, mais vous pouvez en faire une brève visite ici.
mercredi 13 décembre
Noël - 12 : Un souvenir d'enfance et d'aujourd'hui
Chacun a sa madeleine, voire plusieurs.
Chez ma grand-mère, avec les fêtes de fin d'année, une coupe retrouve sa place au milieu de la table de la salle à manger. A mon avis, c'est globalement la même chose chez toutes les grands-mères.
ceci est une reconstitution
Dans cette coupe, deux ou trois clémentines parmi des friandises, isolées comme des îles entourées d'eau. Ces friandises sont des boules de praliné ou de crème, et des papillotes.
Les papillotes sont une spécialité lyonnaise. Dans un emballage brillant aux extrémités en lamelles, une friandise est entourée d'un "message". La friandise peut être une pâte de fruit, un gros sucre aromatisé, une pâte d'amande enrobée, ou un chocolat. Pour des papillotes plus haut-de-gamme, ce sera différentes variétés de chocolats pralinés, noirs, au lait, ... Le message autour de la friandise est une blague à deux balles ou un dessin humoristique, ou une citation d'auteur. Quant on est enfant, on s'amuse à les collectionner. Plus tard, adulte, on jète d'abord un coup d'oeil aussi distrait que rapide, avant de le jeter tout court.
Qui dit papillote, dit Noël. Par prédilection, c'est la douceur de ces fêtes. Ouvrir un paquet de papillotes, même en novembre, donne l'impression de sentir l'odeur du sapin de Noël, et fait ressurgir des souvenirs de pantoufles déposés à son pied.
Et bien sûr, tout ça ne va pas sans certains reliquats, preuves du passage glouton de quelques uns de mes cousins ...







