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La Tanière du Lapin Blanc

samedi 19 mai

La fourmi, une alliée dans le verger

Le rappel de saison :

Préparation à la cueillette des cerises et effaroucheurs décorés
Les arums sont en fleurs mais dangereux ou occupés
Les lérots sont de retour

La semaine dernière, en regardant l'état d'un jeune cerisier planté il y a trois ans, je constate que le pétiole présente de petites excroissances à la base des feuilles. En plus de cela, des fourmis s'activent dessus, elles ont l'air d'y aimer quelque chose. Un soupçon de paranoïa me pousse à penser à des galles. Manquerait plus que ça ! Je vais voir sur l'autre cerisier de  vingt ans son aîné, même constat. Deux possibilités : soit c'est vraiment quelque chose comme une galle, soit ça a toujours été là et je n'ai jamais rien remarqué.

glandes cerisier

Finalement dans un livre sur l'identification des arbres, j'ai eu ma réponse : ce sont des glandes et elles ont toujours été là. Donc deux constats supplémentaires : je sais qu'on ne sait jamais (tout) et j'ai été miraud pendant pas mal d'années.
En fouillant plus loin, il se trouvent que ces glandes produisent un nectar sucré qu'apprécient les fourmis. Mais quel est l'utilité de ces nectaires (ou glandes nectarifères)?

A quoi bon produire du nectar si seules les fourmis en profitent ? Les cerisiers veulent-ils nous compliquer la tâche en attirant celles que nous essayons de repousser à cause des pucerons ?

Mais apparemment, ce nectar attire les fourmis qui assurent à l’arbre une certain protection contre les prédateurs et parasites.

Ce soir là je me suis couché moins bête, mais aussi avec un sentiment partagé, soulagé et soucieux à la fois : comment faire pour à la fois tenir les fourmis éloignées pour lutter contre les pucerons, et leur laisser libre passage jusqu'aux feuilles ???

Pour info : La symbiose : ses rôles écologiques et évolutifs

Pondu par Din_Diu vers les 01:51:00, ce billet de la catégorie "Au verger" fait l'objet de 5 commentaire(s) et de 0 rétrolien(s).

Commentaires

Laisser faire ?

Plus j'avance, plus je me dis que le "laisser faire" est une option à ne pas exclure totalement. On veut lutter contre ce qu'on croit être un fléau. Ce faisant ont déséquilibre un système plus vaste. Je suis le premier à pester contre : la cloque du pêcher, les pucerons et divers bobos.

J'ai constaté que tous les végétaux d'une même espèce ne sont pas atteints en même temps par le même fléau. Est-ce un signe ? Le végétal une année résistera et pas l'autre. En général il y a rarement "mort d'arbre", j'allais dire.

Lorsque j'ai visité une plantation de vanille à La Réunion (Le jardin des parfums et des épices), le guide nous expliquait quelque chose qui m'a un peu bousculé : le parasite (saprophyte) qui attaque l'arbre ne le met à mort que très lentement. Ce tango peut durer des décennies. De plus, les dernières années de vie de l'arbre (l'arbre peut très bien vivre ainsi des centaines d'années), il se met étrangement à fleurir et fructifier comme jamais auparavant, dans une sorte de quintessence. Le guide nous expliquait que l'arbre se sentant sur la fin développait un réflexe de survie (par la reproduction).

Je sais Din-Diu, ce n'est pas une solution pour les problèmes immédiats de pucerons. En tout cas cela m'a juste appris que parfois il vaut mieux laisser faire.

Il est fort à parier que le jeune cerisier saura se défendre mieux une prochaine année. De plus, en diversifiant ses plantations, je suppose que certains végétaux servent temporairement de boucs émissaires épargnant ainsi les autres.

Enfin, ce ne sont que des interrogations.

Merci pour cette éclairage sur ces glandes. Je regarderai moi aussi de plus près un jeune cerisier qui a bien du mal à lutter. Il faut dire que ces dernières années de sècheresse n'arrangent pas les choses.

Autre mot clef : commensalisme

Posté par HK, ce samedi 19 mai à 15:07:19

Je me faisais les même reflexions que toi HK ! En tout cas en ce qui concerne les arbres fuitiers ! Chez moi, ce sont les pruniers. On ne s'en occupe jamais même si on remarque des bizarrerie aux feuilles. Et tous les ans, on a énormément de fruits, toujours aussi bons !

Posté par lalita, ce dimanche 20 mai à 23:18:32

En général des arbres qui sont bien installés et donc sans stress superflu sont résistants à la plupart des maladies. Ils sont donc un peu touché mais sans gravité. Donc sauf situation anormale, je m'abstiens de tout traitement. ça n'empêche pas certains geste (supprimer les fruits malades momifiés resté sur l'arbre, ....)

Et un arbre qui subit un grand stress a le "réflexe" de survie qui consiste à assurer sa descendance et produire des graines. Une année, j'ai vu comme ça un jeune sapin produire des pommes de pin, ce qu'il n'a plus fait jusqu'à avoir atteint sa maturité.

Quant à la relation fourmis-cerisier, ça me fait penser aux orties. A cette saison on parle de traitement au purin d'ortie, or pour que les coccinelles profitent, il faudrait laisser des orties jusqu'en fin mai-juin avant de faucher. Donc pour ceux qui on pas grand chose comme ortie dans leur jardin, il y a dilemme : soit purin d'ortie, soit coccinelles ?
Je crois que c'est chaque chose en son temps : freiner l'impact des fourmis quand il y a fructification puis leur laisser champ libre le reste de l'année, et laisser les coccinelles et papillons profiter des orties avant de les exploiter.
A mon avis, la solution est de cet ordre. Qui a dit que le jardinage bio serait simple ?

Posté par Din-Diu, ce mercredi 23 mai à 00:40:38

Source ?

Bjr, D'ou tiens-tu que "les fourmis assurent à l’arbre une certain protection contre les prédateurs et parasites" ?

A priori, la seule chose que font les fourmis, c'est élever les pucerons qui parasitent tes arbres en suçant leur sève donc il me semble que la meilleure chose à faire est d'éliminer les fourmis de ton verger.

Posté par DD, ce samedi 10 mai à 22:29:28

Stopper plutôt qu'éliminer

Ce billet a déjà un an, je ne me souviens plus de l'origine de mes sources. En tout cas elles se recoupaient.
Par contre le lien en fin de billet amène des infos complémentaires sur la symbiose en général et mène vers le site du CNRS (ce qui n'est pas rien).

C'est vrai que les fourmis ont mauvaise presse, et qu'avant de découvrir ces fameuses glandes sur les feuilles de cerisier je pensais aussi que les fourmis ne pouvaient être que néfaste pour l'arbre.

Depuis, je me suis ravisé. Dans la nature tout n'est pas blanc ou noir, et une fois de plus j'avais pu en avoir confirmation.

D'où maintenant une certaine réticence à "tuer tout ce qui bouge". Plutôt les stopper avec des colliers de glu ou des répulsifs par exemple.

En solution bio, en dehors de favoriser la présence des prédateurs des pucerons et de limiter ainsi celle des fourmis, je ne me suis pas encore penché sur la question. Il faut dire aussi que je ne suis pas trop envahi.
Ca se trouve, c'est peut-être grâce au pic vert que j'entends souvent dans les parages et qui se révèle être très friand de fourmis ...

Posté par Din-Diu, ce samedi 10 mai à 22:48:46

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