Un Blog Bio Mais Pas Trop

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La Tanière du Lapin Blanc

jeudi 29 juin

Bras de fer avec la sécheresse (1)

Les nuages ont survolé la France et les orages ont éclaté. Ce sont des pluies qui font du bien. Mon jardin commençait sérieusement à en avoir besoin. Mais je ne me leurre pas, après que le dernier coup de tonnerre ait résonné, on reviendra à la "normale" avec un temps sec.
L'eau est depuis longtemps un bien précieux, et il n'est jamais trop tard pour prendre conscience que ça l'est également sous nos latitudes. Tout les moyens sont donc bons à connaître pour la préserver.

Me voilà donc parti pour un triptyque anti-sécheresse qui commencera par les paillages, se poursuivra avec les arrosages et finira avec les protections supplémentaires. Ce ne sera pas exhaustif, mais comme d'hab', ce sera connaissances personnelles et retours sur ma propre expérience.


Les Paillages

Difficile de s'en passer :

- ils préservent les sols de la perte en eau par évaporation,
- les protègent de la battance (formation d'une croûte sous l'action de la pluie),
- empêchent les mauvaises herbes d'y prendre ou en facilitent le désherbage,
- et peuvent améliorer le sol en faisant office d'amendement ou en favorisant la faune et la flore du sol.

 

La paille : Il est toujours bon de rappeler que paillage vient de paille. Mais étrangement, il n'est pas toujours évident de se fournir en botte de paille. Les variétés actuelles de blé avec des tiges plus courtes limitent déjà la quantité de paille disponible. Il faut avoir aussi la place pour entreposer quelques bottes de pailles.
Au pied de la plante à protéger, la paille, pour être efficace, doit être disposé en couche de grande épaisseur. Cette couche épaisse ne convient pas à tout les végétaux :  elle gardent l'humidité non seulement au niveau du sol, mais aussi au niveau de la plante, avec des risques de pourritures par exemple. C'est notamment une raison pour laquelle elle est souvent utilisée broyée. C'est aussi un abri idéal pour certains ravageurs du jardin, quoique j'ai lu que broyée elle repoussait les escargots et les limaces..

Avantages de la paille : - biodégradable
- peu coûteux

Inconvénients de la paille : - encombrant
- protection peu précise si non hachée


Les écorces de pin : C'est devenu un classique en tant que paillage. On les trouve aussi bien sous forme de d'écorce de gros calibre que sous forme de paillis de pin, plus fin.
Je les utilise souvent mais certainement pas pour le potager. C'est idéal pour les massifs et au pied des haies de thuya par exemple, et ça me sert même pour faire des allées.
Souvent constitué d'éléments de grosse taille, et difficilement dégradable, cela ne convient pas vraiment à un potager : ça peut gêner au travail de la terre, et ceci pendant plusieurs années. Je crois même que en se dégradant, le pin, en tant que résineux qui se respecte, acidifie le sol.
Pour un massif, c'est idéal : on les mets en place, on n'y touche presque plus et ça conserve une belle couleur de terre riche.

Avantages des écorces de pin: - décoratif
- durable
- récupérable et déplaçable

Inconvénients des écorces de pin : - difficilement dégradable
- difficulté à travailler le sol à posteriori
- peut acidifier le sol


La paillette de lin : C'est un paillage que j'aime bien utiliser à l'occasion. Cependant, il y a encore quelques temps, je pouvais trouver de la paillette de lin en balle compressée, ce qui n'est plus le cas. La balle compressée avait l'avantage d'avoir de la paillette en réserve pour un certain temps tout en occupant un volume restreint. Avec les balles non compressées, pour un même volume, on se retrouve simplement avec moins de paillette.
En couche épaisse, la paillette de lin occupe le moindre recoin, facilite le désherbage et retient très bien l'humidité. Par contre elle peut avoir les défauts de ses qualités. Trop tassée, la couche de paillette peut éventuellement empêcher la pluie d'atteindre le sol. Un petit coup de griffe suffit à la décompacter.
En fin de saison la paillette est intégrée au sol, où elle se dégradera rapidement pour enrichir le sol.

Avantages de la paillette de lin: - ne s'envole pas
- biodégradable, améliore le sol
-  retient très bien l'humidité

Inconvénients de la paillette de lin : - pas beaucoup d'inconvénients
- peut être imperméable

 


La coque de cacao : faute de paillette de lin, un jour j'ai acheté un sac de coques de cacao. Certains apprécient ce genre de paillage. Pas moi. Ce qui peut être son avantage, était pour moi un inconvénient.
Avec les pluies, les coques s'agglutinent pour former une couche ferme. Résistante au vent, barrière aux mauvaises herbes tout en restant perméables aux pluies, on n'a pas intérêt à avoir une taupe dans le secteur. Avec d'autres paillages le travail de la terre est assez simple pour rétablir la protection assurée par le paillage, avec les coques j'ai toujours trouvé ça compliqué. En plus de ça, marcher dessus les compacte.

Avantages de la coque de cacao: - décorative
- forme une pellicule protectrice
- biodégradable, enrichit le sol

Inconvénients de la coque de cacao : - la pellicule protectrice ne facilite pas le travail du sol
- se compacte facilement

 

Le papier journal : Pas compliqué de trouver du papier journal, c'est un des matériaux qui vient le plus facilement à moi (voire malgré moi). Même si ce matériau fait l'objet de récupération et de recyclage, j'en mets de côté. Mais à utiliser seul, ce n'est pas l'idéal : ça s'envole au premier coup de vent et ça peut dévier les pluies et assécher le sol. En complément d'autres paillages comme l'écorce de pin ou des galets, ça convient très bien. Un léger désherbage, 10-12 feuilles de papier, un peu d'eau pour que ça tienne en place, une épaisse couche d'écorce et nous voilà tranquille pour un bon bout de temps. C'est notamment pour cela que je vois plutôt le papier au milieu de massif et sous une haie de thuyas.
A une époque, ce paillage aurait dû être utiliser avec modération à cause de la présence de métaux lourds dans l'encre. Apparemment maintenant les encres n'en contiennent plus, et seraient en principe plus respectueuses de l'environnement.

Avantages du papier: - gratuit et facile à obtenir
- bon en sous-couche

Inconvénients du papier : - utiliser seul, il s'envole
- peut être imperméable
- pas évident à mettre en place dans des recoins

La pierre : Pas évident de trouver de belles pierres. Et quand j'en ai, je sais où les placer : au pied des plantes arbustives qui aiment la chaleur : vigne, figuier, kiwi,... Et une fois que c'est en place, on est tranquille : ça ne risque pas de s'envoler.
D'autres entendent par pierre plutôt gravier ou gravillons. Il faut penser alors à les disposer sur un geotextile pour qu'ils ne se mélangent pas avec la terre. Ce que j'entends par pierre,  ce sont des blocs d'au moins 20 cm.

Avantages de la pierre: - restitue la chaleur la nuit
- mise en place définitive
- éventuellement décoratif

Inconvénients de la pierre : - aucun apport au sol
- protection moyenne contre les mauvaises herbes
- pas toujours facile à se procurer

Les tontes de gazon : Désolé pour ceux qui ont des tondeuses qui font du mulch, et qui renvoient aussitôt la tonte dans la pelouse, ce paillage ne les concerne pas.
Il faut utiliser des tontes sans herbicides. Si on a un joli gazon, on peut l'utiliser, en les mettant directement en place au pied des plantes à protéger, par petites couches successives. Etant donné que ma pelouse ressemble plus à de la prairie, si je mettais les tontes directement, je ne ferais que disséminer un bon nombre d'herbes dont je n'ai pas besoin dans mon potager. Je les mets en tas à fermenter dans un coin. De cette manière, la fermentation ne se fait pas au pied de la plante (ce qui pourrait lui nuire) et elle détruit les graines qui pourraient venir à germer. Une fois le tas remué plusieurs fois et fini de fermenter, je n'ai plus qu'à disposer ce paillage de fortune.

Avantages des tontes de gazon: - gratuit
- production en continu
- dégradable

Inconvénients des tontes de gazon : - emplacement et temps pour la préparer
- protection moyenne sauf si c'est en couche épaisse

La bâche plastique : Le plastique est utilisé notamment pour les fraises. Il  garde le sol au frais hors mauvaises herbes, et les plantes restent propres. Sauf que le plastique c'est du plastique. Avec le temps et les intempéries, ça se fuse, ça part en lambeaux. On finit de toute façon par avoir un tas de plastique prêt à rejoindre la poubelle.
Le sol doit être également très bien nivelé, ou alors les plantes se trouvent sur des sommets, sinon des flaques d'eau se forment, ce qui n'est pas très intéressant pour des plantes coureuses qui peuvent alors y pourrir.
Une bâche plastique peut aussi être associée à de l'écorce de pin ou de la pierre pour avoir un effet décoratif.

Avantages de la bâche plastique : - désherbant
- retient l'humidité dans le sol

Inconvénients de la bâche plastique : - non biodégradable et finit par devenir un déchet
- forme des flaques à sa surface
- la couleur noire peut faire surchauffer le sol
- facilite le tassement du sol


la tôle : C'est mon truc à moi. Je me suis retrouvé avec un certain nombre de tôle. Les embarquer à la déchetterie n'était pas chose évidente. Et maintenant je ne saurais plus trop quoi faire sans. Idéal pour y faire courir courges et potirons, pour défricher, je ne suis plus trop objectif depuis le temps que j'en fais la promotion.

Avantages de la tôle : - renvoie la lumière vers les feuilles
(augmentation de la photosynthèse)
- retient l'humidité le sol
- désherbant
- ne tasse pas le sol
- reste sec

Inconvénients de la tôle : - occupation de grandes surfaces
- utilisation limitée à des conditions particulières (plantes coureuses : potirons,...)
- peut devenir le "sanctuaire des campagnols"

 

Les outsiders : Le Bois Raméal Fragmenté (ou BRF) est en fait une "sorte d'amendement" tout simplement à base de fragments de rameaux de bois. Cette méthode a ses supporters, notamment ceux des jardins de BRF. Elle apporte au sol des éléments nutritifs et l'humidité dont il a besoin, favorise les pédofaune et pédoflore, et gêne l'installation de mauvaises herbes. Par contre, sa mise en place n'est pas des plus simples.
Mais pile le jour où j'en parle un peu, dans le Journal de 20 h de France 2 un reportage fait part de cultures sur ce principe à Livernon dans le Lot, et il me semble que ça un rapport avec les jardins de BRF. A suivre.

Même l'ortie peut faire un bon paillis, à condition qu'il soit sans graines et qu'il soit sec. Et en plus il enrichira le sol en se décomposant.
Fan de récupération, j'ai aussi pensé aux chéneaux et aux tuiles. Mais en fait si ça dépanne, ce ne sont pas du tout les meilleurs paillages qui puissent exister. A essayer dans des cas très particuliers.

 

Quelque soit le paillage, il faut le mettre après les dernières gelées (fin avril-début mai), et une fois que le sol a fait son stock d'eau (grâce aux pluies d'hiver et de printemps), qu'il a été désherbé et qu'il s'est réchauffé. Et attention aux ravageurs qui aiment bien se réfugier dans la fraîcheur et l'humidité d'un bon paillage.

Maintenant, avec un bon paillage, je pourrais même me permettre, dans certains cas, de n'arroser que tout les 15 jours ! Le temps de prendre quelques vacances ...

Pondu par Din_Diu vers les 20:02:00, ce billet de la catégorie "Les gestes" fait l'objet de 4 commentaire(s) .

Commentaires

    Superbe

    présentation !
    Moi j'utilise les tontes de gazon et c'est bien efficace ! Ici ça fait plus de 6 mois (!) qu'on attend une bonne pluie .... c'est à desespérer ...

    Posté par Pescalune, ce jeudi 29 juin à 20:58:43
  • Vous n'imaginez pas tout ce que j'apprends en lisant votre blog. Un grand merci pour ce partage d'expérience.

    Posté par interligne, ce samedi 01 juillet à 14:34:45
  • Petite idée le mischanthus

    moi je pensais faire pousser du mischanthus gigantheus et puis le réduire en miette quand les tiges sèchent . (peut etre avec un broyeur)..le mischanthus pousse tres vite et est sec en hiver.
    pour la petite histoire il est aussi utilisé pour produire du biopétrole.

    par contre j ai vu l autre jour a la tele, un agriculteur qui fait pousser une certaine haute herbe qu il aplatit avec un rouleau, et utilise comme ça pour du paillage.il y plante les tomates et ça pousse ...

    Posté par ulysse, ce jeudi 15 février à 23:04:31
  • Je me méfie des plantes immigrées. j'ai d'ailleurs fait quelques billets sur certaines envahisseuses dont il est difficile de se débarasser. En ce qui concerne le miscanthus, je ne suis apparemment pas le seul à me méfier, mais l'INRA le défend. Il faudra que je creuse un peu la question.

    Quant à la haute herbe à coucher au sol, il aurait été intéressant de savoir laquelle s'était. On en fait tout autant avec les engrais verts qu'on fauche et qu'on laisse sur place. Tout ça c'est une question d'organisation, et dépend du caractère du jardinier

    Posté par Din-Diu, ce samedi 17 février à 01:27:16

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