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jeudi 08 février
Un poulailler pour 2007 : épisode 3
Plans sans Filets
Résumé des épisodes précedents : En moins de 36 h on me vole mes poules ; ça plus la grippe aviaire complexifient la conception de mon prochain poulailler.
Cette année encore, le virus H5N1 s'invite dans l'actualité. On va dire que j'en remets une couche, que j'en fait des tonnes, mais en fait, je dois prendre la chose au sérieux. L'année dernière j'étais directement concerné : j'étais en plein dans la zone de surveillance. A partir de la zone où on detecte le virus, il est défini trois zones du centre vers la périphérie, une zone de protection, une zone de surveillance et une zone de surveillance élargie.
Donc dans la zone où je me trouvais, ordre de la Préfecture, les chiens devaient être promenés en laisse et les chats
devaient rester enfermés, le transport en cage ou en voiture des animaux
de compagnie était toléré, les propriétaires d’oiseaux, que ce soient en basse-cour ou volière
devaient se faire connaître en mairie. Le transport de volailles ou
d’oiseaux étaient interdit, et les volatiles devaient rester confinés à
l’intérieur.
Donc il est dans mon intérêt de concevoir une basse-cour parée à cette éventualité. Protéger son poulailler de la (possibilité de) grippe aviaire, en voilà un casse-tête !
J'ai déjà depuis quelques temps mon idée de la forme de cette basse-cour. Ce n'est pas pour rien que je pensais éviter la forme cubique. A partir de là, je vais me faire quelques croquis sans filets, sans notions de la réalité du monde avicole, laissant champs libre à ma créativité. Puis après quelques lectures, je reviendrai sur la question pour y faire les ajustements nécessaires.

J'ai l'intention d'utiliser des arceaux métalliques de serres de maraîchage. Ils serviront d'armatures pour du grillage à poule.
Mon idée est simple : une sorte de demi-cylindre clos de toute part par le grillage. Les oiseaux de l'extérieur ne pourront y rentrer, et si besoin, une bâche tendue par dessus, me permettra d'avoir un confinement rapide.
La flexibilité des arceaux permet d'avoir la bonne taille. Normalement, ils font 4m20 de large pour 1m70 de haut. Si je veux faire l'entretien, cette hauteur n'est idéale. En rapprochant les extrémité pour avoir un écart de 3m80, j'ai une hauteur de 2 m au centre. C'est mieux.
J'ai 4 arceaux à ma disposition. Ma première idée était de continuer avec la forme de demi-cylindre, c'est-à-dire avec une section plane à chaque bout. Un arceau de 3m80 de large donne une diagonale de 2m70. Avec 1m de chaque côté, la basse cour fera 4m70x2m70.
Pourquoi une diagonale ? Pour que la structure soit naturellement stable.
Mais en fait ce cylindre n'est pas pratique. Pour que les arceaux ne se tordent pas sous la tension du grillage, je devrai les renforcer avec des piquets. En plus de ça, ces mêmes arceaux, n'étant pas en diagonale, je devrait faire jouer un maximum leur flexibilité pour les amener de 3m80 à 2m70 de largeur. Cela fait quand même un peu plus d'un mètre.
Cette forme de cylindre me plaisait également pour la symétrie : le cabanon pour les poules se serait trouvé pile au milieu.
Je me reporte vers une solution avec de bien meilleurs avantages.
Pourquoi ne pas faire dans la simplicité ? En les croisant deux par deux, les arceaux tiennent quasiment tout seul. C'est des plus stables. Des moellons renversés légèrement enterrés caleront les extrémités des arceaux.
Là où il se croisent, les arceaux devront être rattachés. Des colliers pour les tuyaux de plomberie devraient faire l'affaire.
En plus de cela des baguettes horizontales (de bois ou métalliques) pour y tendre le grillage, solidariseront l'ensemble.
Stable, facile à installer et à démonter, tout en rondeur et agréable à l'oeil, je tiens le bon bout.
Pour les détails (dont "la porte secrète") et le cabanon des poules, c'est une autre paire de manche.
P.S. : pour le transport des arceaux (parce qu'il a fallu que j'aille les chercher), et en l'absence de moyens motorisés,
j'ai trouvé la solution suivante : attacher les arceaux ensemble avec de l'adhésif, tendre une corde de façon que l'arrondi sous légèrement plus lourd que les extrémités, et hop ! la corde sur l'épaule. Personnellement, question taille ça va. Sinon, autant s'y prendre à deux.
A suivre ...
dimanche 28 janvier
Un poulailler pour 2007 : épisode 2
Un Cahier des Charges
Résumé de l'épisode précédent : J'achète des poules le samedi et me les fais voler le dimanche !
Ma première expérience de basse-cour ne m'a vraiment pas encouragé à la renouveler. Si des poules "s'envolent" en moins de 36 h, il est facile de se dire qu'en avoir à nouveau serait en avoir pour quelques jours ou quelques semaines seulement. L'idée de se démener pour rien flotterait toujours dans l'air.
J'ai donc plié le grillage, rangé la niche qui faisait office de poulailler, et mis mon beau projet de côté.
Puis la grippe aviaire a fait son apparition. Je me trouve en limite avec la Dombes, région connue pour être une zone de passage des oiseaux migrateurs. C'est donc une nouvelle préoccupation que je ne dois pas prendre à la légère.
Le vol et l'épidémie. Je verrais arriver les quatre cavaliers de l'Apocalypse avec les sept plaies dans leurs besaces, que je me dirais : "Pourquoi pas ? Plus on est de fous, ... ! ".
Aujourd'hui, avoir son poulailler est devenue une sacré gageure. C'est pour cela que je me suis fixé quelques exigences.
-> L'intégration au paysage. J'avais placé mon premier et éphémère poulailler au fond du terrain. Je n'avais pas trop de choix en ce qui concerne les emplacements possibles. L'autre possibilité se trouve vers l'entrée près de la maison.
A la vue de tous, il vaut mieux que cette basse-cour fasse bonne impression. Pas question d'avoir des cubes de grillages avec une cabane tout aussi cubique.
Et si possible, ce serait aussi intéressant d'envisager de futures évolutions en les rendant possibles dès le début.
Il me faudra donc un minimum d'imagination pour avoir quelque chose de "beau", d'agréable à regarder, possédant une structure relativement recherchée et originale.
La réflexion que je voudrais voir chez le visiteur, ce serait d'abord "Oh ! c'est sympathique et astucieux ! " et seulement ensuite "Ah ! mais en fait c'est un poulailler !".
-> L'impact sur l'environnement. C'est de toute façon dans l'esprit du blog, alors autant qu'il soit neutre s'il ne peut pas être positif. Il s'agit principalement d'utilisation de matériaux recyclés, de facilité du démantèlement si nécessaire, de valorisation des déchets produits par les volailles, de limitation des nuisances sonores et olfactives.
-> Les questions sanitaires. Avant on pensait entretien, maintenant on pense grippe aviaire.
Vu que le poulailler sera assez proche de la maison, il faudra qu'il soit conçu de façon à ce que les poules fassent peu de saletés et que l'entretien soit facilité.
Pour ce qui est grippe aviaire, il faut que le confinement des poules puisse être mis en place facilement et rapidement, tout en pensant à ce que les bêtes ne le subissent pas comme un stress.
L'hiver dernier, ceux qui avaient quelques poules et avaient été obligés de les enfermer, à l'étroit dans leur poulailler, avaient constaté des réactions agressives ou de dépérissement.
-> L'accès. Pour limiter les tentations de vol, j'ai pensé qu'il ne fallait pas d'accès direct aux poules. Du moins pas un accès facile.
Je doit pouvoir aisément prélever les oeufs, donner la nourriture et l'eau. Les poules doivent pouvoir sortir de leur enclos et y entrer sans problème quand je le souhaite. Mais pour l'entretien et le contrôle de l'état de santé des poules, je vais devoir cogiter sur un système de porte invisible, secrète, façon Harry Potter.
-> Le nombre de poules. 5, 10, 15 ou 20 ? Ce sera simple : le juste chiffre entre mes besoins et la capacité d'accueil de l'enclos et de la cabane.
-> Le bien-être des poules. Une poule bien dans sa tête est une poule en bonne santé. Et vu que je ne sais pas à quoi pense une poule, je suppose qu'une poule bien dans sa tête est une poule qui ne s'ennuie pas.
Nombre idéal d'individus, alimentation présentée sous forme de jeu, bain de sable ou de cendre, sortie en groupe pour une chasse aux vers dans le potager, ... je leur réserve un beau petit programme.
-> La nourriture. Je glane un peu. Je devrai glaner beaucoup.
Maïs, tournesol, blé, mais aussi légumes verts et autres. Le moyen de me fournir en nourriture est en partie réglé. Il faut encore pouvoir l'entreposer, la distribuer facilement (en restant à l'extérieur de l'enclos) et de façon autonome en mon absence.
-> Les accessoires. Que ce soit pour le jeu ou pour la nourriture, l'idéal est de les créer moi-même avec les matériaux que j'ai sous la main. Quelques lectures et de l'inspiration devraient m'aider.
Mais je devrai encore penser à la grippe aviaire : celle-ci se transmet notamment par la contamination de l'alimentation par les fientes d'oiseaux porteurs du virus.
Je ne maîtrise pas suffisamment le sujet pour avoir été exhaustif. Je me rends d'ailleurs compte que j'ai à peine abordé la question des oeufs. C'est plutôt ironique étant donné que je veux des poules non pas pour le plaisir d'en avoir, mais pour les oeufs.
Avant de me laisser trop influencer par des bouquins, je décide de mettre à plat les premières idées qui me viennent.
samedi 20 janvier
Un poulailler pour 2007
Une nouvelle catégorie qui prend la forme d'un feuilleton. Je vais essayer de rapporter chaque semaine les étapes de la réalisation d'un poulailler. Pourquoi en raconter la construction ? Les raisons vont rapidement être données. Aurai-je des poules cet été ? Franchement je n'en sais rien. Peut-être en automne ...
En introduction,
un court et lourd passé
Il y a deux ou trois ans, j'envisageais sérieusement d'avoir deux-trois poules, juste de quoi avoir quelques oeufs par semaine, rien de plus. J'aménage tout au fond du jardin un espace pour les futures résidentes. Leur enclos est un carré de 100 m², délimité par un grillage de 2 m de haut, deux des côtés sont les limites de propriété dont un donne sur un champ, et les deux autres côtés donnent dans le jardin. Dans cet enclos la végétation est haute et drue, et dans un coin, trois grands bouleaux et un bosquet de lilas, serrés les un contres les autres, font écran avec l'extérieur. Comme poulailler, une vieille niche avec des caisses remplies de pailles fera l'affaire le temps que je vois comment les poules s'adaptent. Comme abreuvoir, une casserole ira bien aussi en attendant.
Me voilà fin prêt à recevoir les volailles, du moins à aller les acheter.
Un samedi de juin, ma grand-mère, ayant eu une basse-cour et souhaitant se ballader, m'accompagne là où je pourrai en acheter. Nous partons donc pour Châtillon-sur-Chalaronne, et plus précisément pour ses halles où se tient le marché. Une fois trois poules dans le coffre de la voiture, je m'en vais acheter du grain. Puis je fais un crochet chez ma grand-mère pour la déposer, et pour récupérer une mangeoire en ciment.
Ce samedi-là à midi, j'installais les poules dans leur nouveau quartier. Ces trois poules sont encore jeunes. Elles ne caquètent pas, et gloussent à peine. Le soir, sauvages, elles ne se laissent pas facilement mener dans leur poulailler-niche. Elles s'y habitueront.
En fait non. En juin, les jours sont longs. Le lendemain soir, entre 21 h et 22 h, je vais les rentrer. Pas de poules, je fais le tour de l'enclos, je fouille les herbes du regard. Rien. Je constate alors que la mangeoire en ciment a disparu. On vient de me voler les trois poules et la mangeoire. Ma toute première expérience de basse-cour venait de durer moins de 36 h !!
Les voleurs de poules étaient, semble-t-il, des "gens du voyages". Ils ont eu l'oeil, parce que les poules étaient assez cachées dans les grandes herbes. Le terrain tout en longueur fait que l'enclos se trouvait à environ 80 m de la maison, je me suis rendu compte de rien. Mais des maisons voisines plus proches n'ont gêné en rien les voleurs.
Pour passer au-dessus du grillage, ils se sont aidés avec celui du voisin, lequel formait une belle échelle ! Et heureusement qu'ils avaient volés la mangeoire. A chaque fois que je raconte la disparition des poules, on me rétorque que ça aurait pu être un renard. D'une part, dans les alentours je n'ai vu ni la queue d'un renard, ni ses traces, d'autre part il aurait été carrément fortiche pour arriver à embarquer aussi une mangeoire de 5 kg !




