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vendredi 17 avril
Adieu tomate, et à jamais
Mes semis de tomates sont faits depuis 2-3 semaines, les plantules sont bien parties. Mais en récolterai-je les fruits ? Pas si sûr.
Je n'ai pas fait de potager l'an dernier, donc je ne me prononcerai pas. Par contre le souvenir de 2007 est encore cuisant, les tomates étaient encore vertes quand il a fallu arracher tous les plants. Cette année-là, je mangeai quasiment pas de tomates du potager.
Le responsable, le mildiou, avait les meilleures conditions possibles, chaleur et humidité.
Mais tous le monde étaient concernés par ce fléau, amateurs comme professionnels.
Y compris un jardinier normand et bio, qui début juillet 2007, virait ses plants de tomates avant d'avoir esquisser la moindre lutte. C'est l'introduction d'un article du magazine "Les 4 saisons du jardin bio" de mars-avril 2009. Selon Jean-Paul Thorez, l'auteur de l'article, le mildiou est devenu de plus en plus virulent au cours des années 90. Comme lutte, il s'agit alors de commencer avec des bonnes pratiques de préparation de sol, de plantation, d'espacement, de rotation de cultures, de paillage, d'arrosage, de traitement, ...
On retrouve d'ailleurs en traitements les classiques pulvérisations de bouillie bordelaise et décoction de prêle (à 5%). On trouve dans les livres cette astuce qui consiste à traverser la base de la tige avec un fil de cuivre, lequel cuivre serait en partie dissout et transporté par la sève dans toute la plante la protégeant par la même occasion. Le fil de cuivre ne fait pas l'unanimité puisque dans l'article il est clairement dit qu'il n'a jamais fait ses preuves. Et vu ce que j'ai subi en 2007, je suis plutôt enclin à le croire.
Parfois, et en fonction de là où on habite et de son climat, la seule solution pour protéger ses tomates reste de les cultiver sous abri. Dans la même idée et pour tous, une astuce proposée est de placer un toit transparent au-dessus des plants pour éviter le contact avec l'humidité (de la pluie à défaut de celle de l'air).
Enfin, même si la tendance du climat à se réchauffer joue contre nous, des solutions bio semblent se démarquer. Il y aurait les éliciteurs (sortes de "vaccins végétaux" à base de plantes) et le BRF (bois raméal fragmenté).
Dans le cas du BRF, Jean-Paul Thorez ne rentre pas dans le détail sur les raisons possibles de la capacité du BRF à protéger les plantes cultivées des maladies. A l'occasion d'une conférence de Jacky Dupéty, agriculteur et auteur d'un livre sur le BRF, j'ai eu une explication : les "bons" champignons qui dégradent le broyat, occupent le terrain, entrent en compétition avec le "méchant" champignon qu'est le mildiou, et réduisent son action. Pour l'anecdote, Jacky Dupéty ajoutait qu'il n'arrachait pas les plants de tomates sains en fin de saison, afin que leurs racines, du moins la place qu'elles laissaient, maintiennent une certaine aération du sol.
Pour plus d'infos, le magazine doit être encore kiosque. En plus, il y a le premier volet de la réalisation d'un poulailler en paille.
Pour revenir à la tomate, et pour ceux qui font leurs propres graines, il est toujours bien de savoir s'allier une fois de plus l'aide d'un bon champignon, le geotrichum candidum. Mais ça n'est pas pour tout de suite.
Donc en attendant et pour ne pas être déçu, j'ai préparé seulement un petit nombre de semis de tomates, d'une part pour pouvoir plus facilement les surveiller et réagir rapidement si besoin, et d'autre part pour ne pas tous miser sur le même cheval et avantager d'autres types de cultures.
Enfin, un homme averti en vaut deux. J'aimerais autant qu"un homme averti mange des tomates"
jeudi 03 janvier
Le mieux est l'ennemi du bio ...
... ou quand le désordre nait de l'harmonie.
Les entreprises ont pour vocation de gagner, voire de faire gagner, de l'argent. D'une certaine façon, c'est normal, et je n'ai rien à dire sur ce fait.
Cependant pour beaucoup d'entre elles, les domaines de l'écologie et de l'environnement dans lesquels elles agissent, sont plutôt des prétextes, faire de l'argent restant l'objectif premier. Des objectifs à court terme s'accordent difficilement avec un champ d'application régi par le long terme.
Actuellement, on remet en cause le principe de précaution. On le fait notamment pour les OGM. Les OGM c'est quelque chose d'énorme, alors que penser de l'Harmonia axyridis, ce petit insecte ? Je vous invite à la suivre à travers les extraits de quelques articles sur 14 ans, dans l'ordre chronologique.
"La coccinelle Harmonia axyridis, [est] la première «bête à Bon Dieu» que l'on réussit à élever sans sa proie naturelle, le puceron. A la quatre-vingtième génération, elle continue d'apprécier les œufs d'Ephestia sans présenter de signes de dégénérescence (fécondité, longévité, voracité en pucerons, etc.). Particulièrement voraces et polyphages, les larves de cette coccinelle consomment de 100 à 150 pucerons par jour : une ou deux larves par bouquet floral attaqué suffisent à résoudre le problème.
En outre, cette coccinelle d'origine asiatique, rapportée en 1980 par un chercheur de l'INRA, Gabriel Iperti, et dont les élytres peuvent présenter une grande variété de colorations, ne constitue pas une menace pour l'espèce commune à sept points, Coccinella septempunctata, nous assurent les chercheurs : à l'état adulte, Harmonia prospecte la strate arbustive et arborée, alors que Coccinella prospecte plutôt la strate herbacée (moins d'un mètre)." (Science & Vie N°920, Mai 1994)
Du fait que cette coccinelle peut être élevée en l'absence de sa proie naturelle la rend compétitive vis à vis de notre coccinelle indigène, Coccinella septempunctata ou coccinelle à 7 points. Retenez qu'elle ne constitue pas une menace pour l'espèce indigène. Pour l'instant, tout va bien.

Photo Insectes-OPIE
Cette coccinelle sembla être une solution idéale dans le cadre de la lutte biologique. Pourtant, il semble qu'il y ait eu une ombre au tableau, l'usage de cette coccinelle ne serait pas si anodin que cela.
Il se trouve qu'elle "a été introduite aux États-Unis pour lutter contre certains nuisibles (comme les pucerons) ; elle y a détrôné l'espèce indigène, Adalia bipunctata. Idem pour Coccinella septempunctata, qui a détrôné, elle, une autre espèce locale, Coccinella novempunctata. Mais les deux immigrantes commencent à proliférer un peu trop." (Science & Vie N°925, Octobre 1994).
Visiblement, il n'y avait là pas de quoi s'alarmer. D'ailleurs, les revues de jardinage, y compris celle de jardinage biologique, se font le relais de l'information, et promeuvent l'utilisation de Harmonia axyridis.
"La société Biotop propose, par l'intermédiaire des jardineries [...] des lots de 80 larves au prix de 50 à 60 F. [...] Elles ont été choisies parmi les plus grosses (larves de 3° stade), qui résistent mieux que les petites aux intempéries et aux prédateurs, et qui sont plus efficaces que les coccinelles adultes [...]. Autre avantage : plutôt casanière, du fait de leur absence d'ailes, les larves restent sur les plantes infestées de pucerons et ne sont donc pas "gaspillées". [...]
Une fois vos larves d'Harmonia relâchées dans votre jardin, elles s'y développeront normalement et se transformeront en coccinelles adultes. Il ressort des observations de ces dernières années que les Harmonia introduites en France n'ont pas fait souche. Elles ne se reproduisent pas chez nous, dans la nature, sans doute pour des raisons climatiques." (Nature & Jardin N° 12, mars 1996)
Il semble qu'il y ait des problèmes de dates. Alors que sur le site de la société Biotop, la commercialisation de la souche non volante d'Harmonia axyridis aurait débuté en 2000, le magazine Science & Vie y fait référence en 2004. "La société Biotop a donc demandé à l'Institut National de Recherche Agronomique de sélectionner une variété de coccinelle sédentaire. Les chercheurs [ont obtenu] la coccinelle demandée : un animal incapable de voler, donc condamné à passer son existence sur le massif de fleurs à traiter. [...] Incapables de migrer, les coccinelles piétonnes ne peuvent avoir d'influence sur l'écosystème, assure le fabricant."(Science & Vie N° 1040, mai 2004)
Dans un article très intéressant, on revient sur la biologie de Harmonia axyridis et le déroulement de l'invasion mais, à mes yeux, une chose est claire : "ce qui s'était passé était donc tout à fait prévisible" (Insectes N° 136, 1er trimestre 2005 et N°138, 3ème trimestre 2005)
Tout allait bien jusqu'au moment où ... "Après avoir colonisé la Belgique, la coccinelle asiatique a envahi en un temps record le nord-est de la France. Si la très vorace Harmonia axyridis fait des miracles dans la lutte contre les pucerons, elle fait aussi fuir les coccinelles locales, les privant de nourriture et mangeant leurs larves. Importées en France de Chine, par l'INRA dès 1982 dans le cadre d'expérimentations contre les pucerons, Harmonia a été commercialisée à grande échelle dans l'Hexagone entre 1995 et 2000 par Biotop, un fabricant de produits de lutte biologique contre les parasites. Biotop, depuis, ne vend plus qu'une variété génétiquement modifiée, incapable de voler." (LyonPlus du jeudi 18 octobre 2007)
Dernier acte, c'était prévisible (voir Insectes N° 136), les vignes sont concernées maintenant par l'invasion d'Harmonia axyridis. Désormais, le problème étant également économique, et plus uniquement écologique, peut-être que la recherche de solutions se fera plus pressante.
"Importée de Chine aux Etats-Unis en 1960, et arrivée en France en 2004, la coccinelle asiatique s'agrippe aux grappes de raisins abimées. Lors des vendanges, elle est ainsi écrasée dans les cuves, rendant le vin impropre à la consommation. Des rassemblements de coccinelle de grande ampleur ont été répertoriés dans le Nord de la France cet automne, et une extension à tout le pays est envisagées d'ici trois ans." (Science & Vie, N°1084, Janvier 2008)
Enfin sur Wikipedia, on apprend que même les variétés de coccinelles asiatiques sans ailes pourraient être invasives.
Alors qu'on a pu avoir l'assurance des chercheurs et/ou du fabricant, cette technique, qui se voulait de lutte biologique, a donc eu un effet totalement à l'opposé, d'une part mettant à mal la biodiversité, et d'autre part compromettant des productions agricoles, en l'occurrence celle du vin.
selon moi, au lieu d'introduire une nouvelle espèce, la démarche, à proprement parler biologique, aurait plutôt été de favoriser l'action des espèces indigènes déjà en place (Abri pour l'hiver, aménagement des lieux de ponte, haies pour le nourrissage, ...).
Manier le vivant, à quelque échelle que ce soit, au niveau de l'individu ou de ses gènes, présente des risques. C'est Blade Runner, la créature échappe à son créateur. Une fois laissée dans le milieu naturel, la coccinelle a mené sa vie propre, elle s'est adaptée, voire un peu trop.
Malgré des études sur plusieurs décennies, les scientifiques ont été surpris par son caractère
invasif. Je ne suis pas contre la recherche, mais tout comme il faut souvent tourner sept fois sa langue dans sa bouche, il faudrait repenser les recherches avant de passer aux applications.
Tandis que les scientifiques n'ont pas pu anticiper le caractère envahisseur de cette coccinelle asiatique, je me pose alors des questions sur les autres sujets sensibles tels que celui des OGM. On va me dire "C'est facile de tout ramener aux OGM". OK ! mais d'un côté l'introduction d'une simple petite coccinelle, de l'autre une modification du matériel génétique des végétaux (et n'oublions pas des animaux) que nous consommons. Je suis tout de même assez perplexe. Que nous réserve le futur en ce qui concerne les effets indésirables liée aux organismes transgéniques ?
Maintenant le mal est fait et est (apparemment) irréversible. Il faut en tirer la leçon. Encore faut-il la retenir, ce qui est loin d'être une chose sure.
Post Scriptum : j'ai dernièrement appris de la bouche d'un professionnel, qu'avec les vendanges faites mécaniquement, les lézards trouvant abri dans les grappes de raisins étaient aussi récoltés et pressés en même temps que les fruits. Donc, on peut en conclure que si les coccinelles asiatiques donnent mauvais goût au vin, le jus de lézard passe très bien ...
jeudi 27 septembre
Des souris et un homme (moi en l'occurence)
Elles se sont invitées dans la maison. D'abord dans le garage, elles étaient discrètes. Des portes fortuitement entrouvertes et quelques fractions de seconde ont suffit pour que les pièces voisines soient envahies. Buanderie, cagibis, chaufferie, ...
Je commence à voir des traces de leur passage, des petites crottes comme des grains de riz noirs. J'ai l'impression qu'il y en a un peu de partout !
Branle-bas de combat ! Un, repérer l'ennemi ; deux, contre-attaquer ; et enfin trois, le repousser.
D'abord, il faut désormais faire attention d'une part à ne pas laisser des portes
entrouvertes, et d'autre part à surveiller les bestioles qui auraient
l'outrecuidance de me passer entre les jambes pendant que je passe
d'une pièce à l'autre.
Les repérer est le plus simple. Il suffit de disposer des petits tas de graines de tournesol un peu partout au pied des murs et dans les coins des pièces. Des tas de 12 graines, pas une de plus, pas une de moins. C'est un moyen de savoir si les rongeurs sont présents ou non. Douze est un nombre facile à retenir et si jamais il y a 11 graines aussitôt je passe en mode contre-attaque.
J'enlève ce qui reste de graines de tournesol pour y mettre des pièges à la place. Il y a quelques années de cela, j'avais acheté des tapettes à souris, lesquelles n'avaient jamais servi depuis leur achat. Les deux-trois souris qui avaient trouvé l'entrée du garage, en avaient aussi trouvé la sortie de leur propre chef.
je dispose donc les tapettes avec une noisette fraîchement ramassée pour appât.
Les pièges n'ayant eu l'occasion de fonctionner, je les considérais comme un moyen de me débarrasser de ces nuisibles de rongeurs de façon rapide et sans souffrance.
Dans la pratique, ces pièges sont un peu plus barbares, pourrait-en témoigner la première souris attrapée et rescapée.
Le piège a fonctionné, la souris par l'odeur alléchée, n'a pu résister à la noisette. Elle me semble trépassée, mais elle ne l'est pas. Le piège l'étrangle et c'est lentement qu'elle meure par asphyxie.
Je la libère (loin de la maison, il ne faudrait pas exagérer non plus). D'abord prostrée, encore K.O., elle verse sur le côté.
Progressivement, elle récupère. Quelques minutes plus tard, l'œil est plus vif. Et quelques secondes après la photo ci-dessous, elle ne demande pas son reste et file à l'anglaise.
La responsable est donc apparemment une souris grise (mus musculus) des plus communes. Mais elle n'est pas seule.
Par chance, j'évacue manu militari une seconde souris qui s'était empêtrée dans un drap ... Mais elles n'étaient pas seules. A tout les coups, il y a eu une nichée.
C'est décidé, je m'en vais acheter des souricières.
Ce n'est pas pour autant une mince affaire. Chez Castorama, "il n'y a pas tout ce qu'il faut", pas la moindre souricière. Il y a le choix : tapettes à souris, grains empoisonnés, pièges à glu, ... mais pas la moindre place dans les rayons pour un piège moins "définitif".
Direction Botanic. Pas facile à trouver, ils sont tout en bas des rayonnages mais ils sont là. Il y a même le choix entre souris et rat. J'achète deux nasses à souris mono-capture au pris de 3€60 l'une.
Une journée et demi après la mise en place, une troisième souris est capturée. Elle n'est pas contente et s'attaque à la grille. Normal. Je vais loin de la maison la relâcher. Maintenant, il me reste à nettoyer le piège et l'endroit où se cachait la souris, puis à éparpiller à nouveau des tas de 12 graines. On ne sait jamais.
Et puis plus tard, je disperserai de la poudre de poivre de Cayenne sur les lieux de passages des rongeurs, des branches de menthe verte sous les meubles, aux fenêtres et dans les trous, et de la lavande dans le buanderie.
On dit que ça dissuade les souris de se taper l'incruste à domicile ...
lundi 11 juin
Slugs Attack !
En anglais, un titre sonne tout de suite mieux qu'en français. Slugs Attack ! ça fait penser à Tim Burton avec Mars Attack ! Alors que "L'attaque des limaces " ... bof ! ... quoique "La métamorphose des cloportes" était plutôt un très bon film.
Il y a 30-40 ans, la défense du jardin contre la limace était très simple. En 1961 dans le livre "Fleurs Fruits Légumes" de J.M. Duvernay et A. Perrichon, il est conseillé de "déposer tous les 50 cm des petits tas de son imprégéné de métaldéhyde". En 1967, Raymond Dumay dans son "Guide du Jardin" considère que sa "destruction ne pose guère de problèmes, car on trouve dans le commerce de nombreux produits efficaces". En 1975, Othilie Bailly avec "Le jardinier du Dimanche" est encore plus catégorique : "il n'y a qu'un seul moyen, lui donner du métaldéhyde (Méta)".
Aujourd'hui, les techniques de lutte se sont multipliées et sont plus de l'ordre du contrôle de la population des limaces et escargots que de la simple élimination. Donc ce sont des méthodes plus douces pour le jardin, l'environnement, et la faune, gastéropodes compris, que l'on peut découvrir dans les livres et ailleurs.
De plus les limaces en tant que éboueuses-nettoyeuses ont leur utilité dans les cycles de la nature.
Parmi ses méthodes il y a les classiques. De gauche à droite :
- la tuile ou la vieille planche de bois, où se réfugient les limaces la journée. Il suffit ensuite de les ramasser.
- la mini-serre, ici à base de bouteille plastique sans fond. En fait contrairement à la photo, j'aurai du laisser le goulot. Cette solution est idéale pour les semis en pleine terre. Important, si on laisse le bouchon, il faut y faire un trou, sinon dès le premier arrosage ou orage, la bouteille se met à flotter et une pellicule de boue peut recouvrir les semis.
- Le piège à bière est de plus en plus connu mais après le Bar à Limaces, j'ai un peu modifié ma façon de faire. M'inspirant d'une émission de TV et d'un piège fait avec un bac à glace, j'ai utilisé un pot de crème fraîche. L'entrée est en hauteur pour éviter que des insectes tombent inutilement dedans. La bière n'est pas à ras pour amener les limaces à se pencher, puis tomber dans l'alcool et pas à l'extérieur (ou elle cuveraient sans dommage). Je ne sais pas si la bière sans alcool serait efficace ou non, mais avec ce piège, les hérissons assoiffés ne seront pas vulnérables pour cause de cuite.
- Cendres, sable, sciure de bois et marc de café constituent des barrières. Pas facile d'avancer quand la route vous colle au ventre ... Les coquilles d'oeufs pilées et aiguilles d'épicéa sont aussi utilisées car désagréables. Le souci de ces matériaux est qu'ils sont efficaces par temps sec, mais qu'après une pluie ou un arrosage, ces protections font bien rire les limaces. Il faut alors les renouveler. De plus, les cendres, par exemple, agissent sur le sol et ne sont pas conseillées pour protéger des plantes qui craignent le calcaire.
Pour tenir les limaces à l'écart, on peut également compter sur des plantes répulsives, parmi lesquelles la sauge, le thym, l'hysope, la capucine, le cerfeuil, ... En plus, si les abords du jardins sont tondus court, les limaces devront chercher plus loin leur cachette au pied des grandes herbes.
Les mollusques aventuriers malgré les plantes répulsives, devront se méfier de leurs prédateurs naturels dont le hérisson, la taupe, la musaraigne, l'orvet, la grenouille et le crapaud, les oiseaux (en particulier certaines espèces de canards domestiques), les carabes, le mille-pattes (amateur d'oeufs de gastéropodes) et la larve de vers luisant (dont la préférence va vers les escargots).
Et puis, il y a aussi les préparations comme le purin de prêle ou le purin de fougère lequel est à utiliser non dilué en pulvérisation sur les plantes victimes des limaces, 2 fois par semaine. Plus spécifique, le purin de limace consiste à mettre quelques limaces dans un récipient, les recouvrir d'eau bouillante, laisser macérer 3 ou 4 jours, puis filtrer et verser sur les planches. C'est l'odeur de décomposition qui les éloignerait, mais par contre les limaces vivantes n'hésitent pas à faire des limaces mortes mais fraîches leur repas.
Actuellement, j'essaie quelque chose que j'ai imaginé et qui pourrait s'appeler la technique du semis perdu. Les limaces aiment bien les plantules de tournesol ? Donc tout autour du potager j'ai semé des graines de tournesol qu'il me reste de la récolte de l'an dernier. A l'occasion de la ronde de nuit, je n'ai plus qu'à "récolter" les limaces qui se trouvent sur les jeunes plants, lesquels finiront par rapidement être arrachés. Apparemment ça fonctionne.
A l'issue de cette ronde de nuit, et de la ronde de jour qui consiste à vérifier la présence d'indésirables sous les tuiles et les planches de bois ou les prendre en flagrant délit par temps de pluie, que faire des limaces ? On les éliminait au ciseaux ou on les ébouillantait. Maintenant, la vie sous toutes ses formes est, si possible, respectée, et on préfèrera emmener ces gastéropodes à distance dans une prairie.
Le châssis où je fais mes semis n'est pas très perméable aux limaces, et si je ne fais pas attention, je peux me retrouver du jour au lendemain avec des tiges sans feuilles et sans espoir de récolte. C'est un des rares cas où j'utilise des granulés anti-limace, pas plus de 3-4 par godet (un sachet de granulés peut durer des années). Mais le chemin jusqu'à ces granulés n'est pas forcément le plus simple. Les godets sont perchés sur des échasses faites de clayettes. Celles-ci, ajourées, limitent fortement l'accès aux plantules.
J'ai même utilisé une bassine avec 2 cm d'eau, bassine dans laquelle se trouvait un pot pour des semis d'oeillets d'Inde. Les limaces en sont friandes (contrairement à ce que j'ai pu lire) mais vu qu'elles ne savent pas nager ...
Petit truc simple : tenir si possible les godets à distance si possible, sinon les limaces n'ont pas de mal pour passer de l'un à l'autre.
Mais bien sûr, il y a encore d'autres moyens de lutte : les barrières anti-limaces style tôle ondulée dont les bords très fins sont infranchissables pour la limace ; le cuivre pour lequel les limaces ont une aversion ; certains nématodes qui leurs sont mortels ; la consoude qui les détourne du potager ... et puis les gestes à éviter : pas de paillage par temps humide ; pas de fumier frais ; pas d'infractuosités ni trous qui serviraient d'abris ; ne pas laisser de limaces mortes "naturellement" dont les les limaces vivantes se nourriraient ...
En conclusion, en quelques décennies, la lutte contre les limaces est passée d'une solution unique à toute une batterie de méthodes complémentaires. Peut-être que la panacée est tout simplement de pousser la chansonnette auprès des limaces (lire la première phrase de ce billet et voir le film).
Quelques éléments proviennent entre autre du livre "Le jardin Biologique" de M.L. Kreuter
A lire :
- Lutte biologique contre les limaces
- Quelles alternatives pour la lutte contre les limaces ?
- Biologie et piégeage des limaces
mardi 19 décembre
Noël - 6 : Pourquoi s'embrasse-t-on sous le gui ?
Après le houx et le petit houx, le gui (viscum album) est une autre plante associée aux fêtes de Noël et de fin d'année. On dit d'ailleurs "Au gui l'an neuf !". Le houx et le gui ont également comme points communs, d'être des symboles d'immortalité, du fait d'être toujours verts en hiver, et d'être des ingrédients de départ pour la fabrication de glu.
L'hiver est la saison où, faute de feuillage sur les arbres, le gui est le plus visible, et ses fruits sont à maturité. Ces baies font alors le bonheur des grives et des fauvettes, qui dès lors, le disséminent. La graine, gluante grâce à une substance particulière, la viscine, adhère aux branches, où elle finira par germer et envoyer ses suçoirs dans l'arbre. Attention ! ces baies sont toxiques pour l'homme.
Quand on pense gui, on pense aussi chêne. En fait le gui se fixe aussi bien sur des pommiers, des pêchers, des tilleuls, sorbiers, peupliers, saules, érables, noyers, ...
C'est à Pline l'Ancien que l'on doit de savoir que les druides de blanc vêtus, avec une serpe en or, cueillaient le gui sur les chênes, sans que celui-ci touche le sol. Censé avoir été semé de main divine, le gui sur le chêne rouvre avait de grands pouvoirs et était cueilli le 6ème jour de la Lune après le solstice d'hiver. Cela marquait le début des mois, des années et des siècles selon les Celtes. En l'occasion, deux taureaux blancs aux cornes liées étaient sacrifiés.
Cette plante sacrée guérissait l'animal malade et lui rendait fécondité. Or, selon des recherches actuelles, il semblerait que le gui renfermerait des viscotoxines qui auraient une efficacité dans l'accroissement des défenses immunitaires ...
Est-ce que c'est ce qui lui conférait son caractère sacré, ou alors le gui a changé ses préférences pour son hôte, il s'avère que le gui est aujourd'hui rarissime sur les chênes.
Dans la série je ne fais rien comme tout le monde, le gui n'est pas un parasite, mais un hémiparasite. La plante pompe la sève brute dans la plante hôte, puis transforme cette sève en sève élaborée avec la chlorophylle de ses propres tiges et feuilles. Un parasite aurait pompé directement la sève élaborée, affaiblissant encore plus l'hôte.
En hiver, le gui, par ses suçoirs, fournirait de la sève élaborée à sa plante hôte, ce qui tend à penser qu'il évoluerait vers le mutualisme, autre forme d'association interespèce.
Mais alors d'où peut bien venir la tradition de s'embrasser sous le gui ? Apparemment il y a plusieurs versions.
Toujours chez les Celtes, le gui était adoré comme étant une plante écartant les démons. Cette coutume est à l'origine de la branche de gui de Noël en Angleterre. La couronne de gui suspendue à l'intérieur de la maison etait ainsi censée porter bonheur, et les habitants embrassaient leurs visiteurs pour leur porter chance et prospérité.
Variation à partir d'une même légende, les couples qui s'embrassent sous le gui seront mariés dans l'année, et ce baiser serait un présage de bonheur et longue vie. Les choses ne sont pas si clairement définies que ça, mais finalement, dans tous ça, c'est le geste qui compte ...
Enfin, certains cherchent à se débarasser du gui, d'autre à le planter pour en avoir pour les fêtes. C'est comme ça que je suis tombé sur une recette de semis de gui : " ramassez des graines de gui mûres sur un arbre identique à celui qui servira de plante hôte. Creusez un trou dans l'écorce de l'arbre, à un endroit qui sera arrosé naturellement, et placez-y les graines. L'arbre doit avoir au moins 20 ans et la branche être à 1,50 m du sol au moins avec un diamètre de 10 à 15 cm." Avis aux amateurs.
L'illustration représente le bibliothécaire de l'Université Invisible d'Ankh-Morpok sur le Disque-Monde (voir L-Space)
vendredi 06 octobre
Une Envahisseuse venue du Canada
Après les Etats-Unis, le Japon, et l'Amérique du Nord en général, voici le cas d'une plante originaire du Canada et que l'on trouve pratiquement partout en France, la vergerette du Canada (Conyza canadensis ou Erigeron canadensis).
Elle porte plusieurs noms : érigéron ou érigère du Canada, conyze du Canada, herbe aux Français, fausse camomille. Le terme vergerette, petite verge, vient du latin virga qui signifie bâton. En effet, la plante est une tige bien droite jusqu'à 90 cm de haut, d'où partent les inflorescences et les feuilles. Le terme d'érigéron vient du grec eri, tôt et geron, vieillard. Les petites fleurs discrètes, jaunes et blanches, laissent très vite place aux aigrettes blanches des graines, ce qui rappelle la chevelure d'un vieillard.
Cette plante rudérale a été introduite vers 1655 en France dans un jardin botanique de Blois. Le caractère envahissant de la vergerette du Canada, n'est pas lié à sa façon de s'installer (annuel ou bisannuelle, elle est facile à déraciner), ni à sa capacité à la compétition (elle gêne apparemment peu les plantes autochtones), mais plutôt à sa facilité à voyager loin. En très peu de temps, toute l'Europe a été colonisée par cette vergerette. On suppose même que cela a été grandement favorisé par le développement du chemin de fer, qui lui a offert des habitats nouveaux.
Le même phénomène se produit maintenant le long des autoroutes, où les turbulences de l'air provoquées par le traffic entraînent la dissémination de ses graines.
Pour une fois, on peut cohabiter avec l'envahisseuse. Facile à arracher, je ne m'attaque souvent à cette mauvaise herbe au tout dernier moment.
samedi 26 août
It's Chou Time
Il paraît que les régions de France ne sont pas toutes adaptées à la culture du chou. Vu que je n'en avais jamais planté jusqu'ici, le meilleur moyen de savoir si la région s'y prête, c'est de l'essayer.
Donc je procède normalement : semis courant août pour avoir des choux pour l'automne, repiquage avec prâlinage et en enterrant bien le collet, arrosage.
Je pensais être désormais tranquille, n'attendant pour tout ennemi, que la célèbre piéride du chou et sa chenille. En fait, le chou est plus prisé qu'il me semblait.
Tout d'abord, j'ai remarqué la présence d'une punaise, noire et jaune-orangé. C'était la première fois que je voyais cet insecte. La question à 1000 € était donc : nuisible, indifférent ou prédateur de nuisibles ? Est-ce que je la laisse ou pas ?
Finalement pas ! Il s'agissait de la punaise rouge du chou, Eurydema ornatum. Difficile à la reconnaître, elle change au fur et à mesure de son développement. D'abord petite (2-3 mm), ronde, de couleur jaune, elle grandit en s'allongeant (8-9 mm), en pouvant devenir de plus en plus rouge, le dessin noir se modifiant.
Ces punaises piquent les feuilles pour en sucer la sève, provoquant le jaunissement des feuilles voire leur dépérissement.
Je n'ai trouvé aucun moyen de lutte. J'ai donc fait comme on fait avec les doryphores : passer régulièrement dans les rangs et les supprimer. La difficulté, c'est que ces punaises sont petites, que, dès qu'elles me voient arriver, elles se cachent voire se laissent tomber. Donc, avec une bonne vue, et la main en dessous pour réceptionner les plus malignes, en 7 à 10 jours je constate que je n'en ai plus guère. Tout de même je vérifie qu'elles ne reviennent pas.
Autres nuisibles du chou : les limaces et les limaçons. Ils ne se gênent pas pour poinçonner gaiement les feuilles de chou. Les méthodes pour les piéger sont connues. En cette occasion, j'ai plutôt opté pour le contrôle nocturne quotidien. Si les limaces en ont rapidement subi les conséquences, les limaçons gris se font plus persistants, mais je commence à en venir à bout. Il me reste la solution de bien biner le sol pour ne pas les laisser trouver trop facilement les moyens de se planquer.
Derniers mais pas des moindres à venir m'embêter dans mon jardin : les aleurodes. Ce sont des petites mouches blanches d'1 ou 2 mm. Elles se tiennent la plupart du temps sur la face inférieure des feuilles. Leur action est assez pernicieuse, elles ralentissent la croissance des plantes.
Il existe des méthodes pour lutter contre. Ainsi, je maintiens le sol humide, arrose régulièrement les plantes, remue souvent le feuillage. J'ai même bricoler des systèmes de pièges à partir de papier tue-mouche, de vieux morceaux de fil de fer et de bouteilles de lait. Je ne suis pas encore vraiment sûr de l'efficacité de ce dispositif. Peut-être que j'aurai dû utiliser des bouteilles translucides au lieu d'opaques. L'avenir me le dira.
Je vous fait profiter d'un topo que je me suis fait sur les nuisibles qui, à l'avenir, pourraient s'en prendre à mes choux.
| La piéride du chou Les chenilles de ce papillon ne laissent que les nervures. - Détruire les oeufs regroupés sous les feuilles et les chenilles - Associer avec du tournesol pour attirer les mésanges, avec du céleri, de l'oignon, de la pomme de terre, de l'aneth des bordures aromatiques (sauge officinale, thym, romarin, sarriette) pour leur effet répulsif - Pulvériser des préparations à base de tanaisie ou de plantes aromatiques (sauge, thym) au moment des vols - Déposer sur les choux, des gourmands de tomates ou les chutes de tailles de thuya pour maintenir à distance les papillons - Faire des pulvérisations de Bacillus thuringensis dès l'apparition des premières chenilles - Pulvériser du purin de tomate non dilué |
| L'altise Ce sont des petits scarabées noirs qui sautent quand ils sont dérangés. On s'aperçoit de leur présence sur les choux quand ceux-ci ont des feuilles avec de nombreux trous. - Pulvériser du purin de sureau, une préparation à base de tanaisie ou de tomate, ou encore d'armoise (500 g de feuilles pour 10 l d'eau) - Pailler et arroser fréquemment les jeunes plants pour maintenir le sol humide - Associer avec la salade, la tomate, le cresson alénois, le romarin, la sarriette pour leur effet répulsif - Ombrer à l'aide d'un voile - Poudrer le matin avec de la cendre de bois, et en cas de forte attaque, utiliser un insecticide naturel - Comme insecticide naturel, pulvériser une dilution de 0,5 l de purin d'ortie ayant macéré pendant 24 h, dans 10 l d'eau - Mettre en place un piège : une planche tartinée de miel où les insectes viendront s'engluer - Recouvrir la surface d'une planchette de 15x10 cm avec une épaisse couche de graisse ou de glu. Passer le côté collant au-dessus des plantes sans les toucher à 2,5-5 cm. En sautant les altises viendront s'y coller. |
| L'aleurode C'est une petite mouche blanche qui se pose sur la surface inférieure des feuilles. Elle provoque le ralentissement de la croissance des plantes. - Maintenir le sol humide - Installer un film de protection - En cas de forte attaque, pulvériser une décoction de tanaisie en tant qu'insecticide - Disposer du papier jaune englué. La couleur jaune attire les aleurodes. - Associer avec du souci et de la capucine pour leur effet répulsif |
| L'hernie du chou C'est un grossisement du pied dû à un champignon. - Arracher et brûler les pieds atteints - Préparer mieux le sol la saison suivante - Favoriser une meilleure rotation des culture - Assurer un bon drainage du sol - Enterrer des engrais verts (seigle, moutarde, sarrasin,...) aurait une action bénéfique |
L'association avec du souci, de la camomille, du fenouil ou encore de la phacélie et du sarrasin plantés entre les lignes, attire les auxiliaires du chou.
Purin de tomate
Faire macérer des feuilles et des tiges fraîches hachées et pilées à raison d'un kilo pour 10 l d'eau, pendant au moins une demi journée voire quelques jours. Filtrer. Pulvériser non dilué.
Avec tout ça, je suis désormais paré pour les prochaines attaques.
vendredi 25 août
Ambroisie, moi aussi
J'ai été épargné jusqu'à maintenant, mais finalement j'ai été aussi fini par être atteint par l'ambroisie. C'est une plante originaire d'Amérique du Nord qui, d'abord introduite en région Rhône-Alpes, se propage maintenant dans le reste du territoire. En plus d'être envahissante et responsable d'une perte de biodiversité, l'ambroisie est allergène.
Me balladant un peu partout sur ma commune depuis plusieurs années, je n'en avais encore jamais vu. Jusqu'à ces jours-ci, où, me demandant ce que c'était, j'ai pensé à l'ambroisie. Et j'ai malheureusement vu juste.
Donc arrachage immédiat, et incinération dans la foulée.
Plus d'infos :
L'ambroisie, une plante qui nuit à la santé (site - Conseil Régional de Rhône-Alpes
L'ambroisie, une plante envahissante dans les cultures (fiche de presse - INRA)
L'allergie de fin dété (expo pdf - Conseil général du Rhône)
samedi 05 août
Dégoûté !!
Il y a 4 jours, j'ai écrit que mes tomates avaient quelques soucis.
Rien de grave pour le cul noir (nécrose apicale) : des arrosages réguliers et une surveillance. Rien de plus à faire pour que ça rentre dans l'ordre. Par contre pour la chenille de la tomate, je cale (pour l'instant). Deux tomates vertes avec un trou ! Je les vire et je surveille les autres.
Tout allait apparemment bien. Sauf que quand 2 tomates sont accolées, il est difficile de dire ce qui se passe entre les deux. Et là, j'ai les boules ! Je surveillais les tomates en train de mûrir, dont une en particulier, d'une variété énorme. Je me régalais d'avance.
Finalement, malgré son bel aspect extérieur et au moment de la cueillir, j'ai réalisé qu'une autre s'était régalée bien avant moi.
J'ai appréhendé le coupable, une chenille de 3 cm de long. Vu que le phénomène était auparavant assez rare voir inédit pour moi, le problème d'empêcher toute récidive se posait. Pour éloigner la piéride du chou, j'utilise entre autres, des gourmands de tomates. A mon avis, dans le cas qui me préoccupe, ça ne fonctionnera pas des masses.
Pour le combattre avec efficacité, il faut connaître la nature de son ennemi. Pas vraiment facile de connaître à
partir de la chenille. Je pensais vaguement au départ à une pyrale, mais il se trouve que ce serait plutôt une noctuelle. Reste à trouver le bon traitement, bio de préférence.
Après un début de recherche, je vois que le Bacillus thuringiensis, et des infusions d'ail ou d'oignon voire de sureau sur les jeunes larves sont efficaces. Mais les chenilles dans le fruit sont protégées, c'est donc surtout en action préventive.
Infusion d'oignon
Hacher 200g d'oignon avec la peau. Faire bouillir 12 litres d'eau et hors du feu y jeter le hachis. Couvrir et laisser infuser une journée. Après filtrage, à utiliser préventivement en pulvérisations effectuées tous les 2 jours pendant 8 jours contre le mildiou et l'oïdium.
Infusion d'ail
Hacher 100 g d'ail avec la peau et 50 g de ciboulette. Faire bouillir 12 litres d'eau et hors du feu y jeter le hachis. Couvrir et laisser infuser une journée. Après filtrage, à utiliser préventivement en pulvérisations effectuées tous les jours pendant 8 jours contre le mildiou, l'oïdium, la rouille mais aussi contre araignées rouges et pucerons.La préparation ne se conserve pas.
Purin de sureau
500g de plante fraîche (feuilles, fleurs, fruits) pour 12 litres d'eau. Hacher et laisser macérer dans l'eau pendant 10 jours environ. Après filtrage, pulvériser sur le feuillages des plantes susceptibles d'être attaquées par les aleurodes, les altises, les noctuelles, les thrips. Ce purin se conserve plusieurs semaines stocké au frais à l'abri de la lumière.
(source : Le jardin de St Urchaut)
La rotation des cultures et le désherbage gênent le cycle de reproduction. Un labour ou un binage en hiver peut exposer au gel les insectes qui sont enterrés sous forme de pupes.
Un classique est d'attirer les prédateurs. Les chauves-souris chassent les papillons. En considérant la ressemblance avec le ver de l'épi de maïs qui sévit au Canada, les coccinelles, chrysopes, punaises, mouches et guêpes parasites pourraient même être amateurs d'oeufs de noctuelles.
Coïncidence, la taupe est aussi un des prédateurs de la noctuelle. Et justement une taupe vient de faire son apparition à proximité du potager.
Finalement pourquoi éliminer une taupe à tout prix ? En plus de se nourrir de larves de noctuelles, la taupe peut me débarrasser des courtillières, et des larves de hannetons (vers blancs), de taupins (vers fil de fer) et de tipules. Et en plus elle améliore le drainage du sol.
Tout ce qu'il faut, c'est de n'être pas envahi par une cohorte de taupes. De toute façon, je laisse faire Dame Nature : quand il y en a trop (et en général trop de campagnols), j'essaie de les tenir à distance en attendant qu'une chouette vienne me faire un peu de ménage.
Pour l'instant, et étant donné que j'applique certaines précautions, je ne suis finalement pas victime d'une grande invasion, et ça pourrait être pire. Je vais donc être vigilant et prendre mon mal en patience.
N'empêche que cette chenille a eu le chic pour choisir LA tomate que je convoitais.
Lien avec des infos supplémentaires : Ravageurs communs (ITAB - pdf)
mercredi 12 juillet
La Stratégie Ender
Datant de 1977, ce roman de science-fiction est un des meilleurs que j'ai pu lire. Pris dans l'action, je l'avais lu d'une traite et suis arrivé à la fin sans m'en rendre compte. Ce qui est assez rare, j'avais été bluffé par ce bouquin.
Il raconte l'entraînement militaire d'un jeune enfant surdoué, Ender. Il est destiné à contrer l'invasion d'extra-terrestres ressemblant à des insectes. Dans le même temps on suit l'évolution de cet enfant vis-à-vis de sa famille, de ses peurs, et en tant que stratège.
D'abord un trilogie, le Cycle Ender compte maintenant 8 tomes (dont 7 édités en France, les 4 premiers sont en poche). L'auteur Orson Scott Card est aussi l'auteur d'autres cycles, Les Chroniques d'Alvin le Faiseur et Terre des origines. Malgré qu'à chaque fois on aie les mêmes habitudes (on découvre un enfant doté d'un don hors du commun et on suit son évolution en tant qu'adulte), je reste toujours très bon client de cet auteur, de son imagination, sa façon de raconter les choses et de son humour.
Quel rapport avec le jardin ?
En fait les ennemis extra-terrestres de La stratégie Ender sont appelés les Doryphores !!!
Et justement mon ennemi actuel dans le jardin, est le doryphore, et je suis en train de perdre.
Ils sont très nombreux et je n'ai pas pu être très présent cette semaine dans mon jardin. La cause est entendue, je vais devoir sortir les pommes de terre plus tôt que prévu.
Mais la prochaine fois je planterai des daturas. Et pour plus d'infos, le billet du blog Jardin, bibitte à patates, est largement instructif pour ceux qui souhaitent mettre des bâtons dans les papattes de la bébête.





