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dimanche 15 mars
Cessez le feu !!
Cela devait finir par arriver. Ce n'est plus toléré, c'est interdit ! Désormais, sur ma commune, le brûlage de (tous) déchets verts à l'air libre est interdit.
Talis lex est
L'arrêté qui fixe cela fait référence entre autres au décret n°2002-540 du 18 avril 2002 relatif à la classification des déchets assimilables aux déchets ménagers parmi lesquels on retrouve les :
"…
20 02 Déchets de jardins et de parcs (y compris les déchets de cimetière) :
20 02 01 - déchets biodégradables ;
20 02 02 - terres et pierres ;
…"
Mais c'est quoi un déchet ? Selon l'article 1 de la loi du 15 juillet 1975 relative à l’élimination des déchets et la récupération des matériaux , c'est "tout résidu d’un processus de production, de transformation ou d’utilisation, toute substance, matériau, produit, ou plus généralement tout bien meuble abandonné ou que son détenteur destine à l’abandon".
On n'est d'ailleurs pas loin du glanage où il s'agit de récupérer quelque chose censé être abandonné (dans un champ comme sur la voie publique) donc un déchet.
Il est aussi fait référence au plan de protection de l'atmosphère (PPA) de l'agglomération lyonnaise, arrêté inter-préfectoral n°2008-2834 du 30/06/08 et notamment l'action RTA 4.
Donc pourquoi s'abstenir de brûler ses déchets verts ?
Cette action RTA 4 (Résidentiel Tertiaire et Artisanat n°4) est justement de rappeler l’interdiction de brûlage des déchets en plein air et vise la réduction des émissions de polluants (oxydes d’azote, oxydes de soufre, particules en suspension, composés organiques volatils, hydrocarbures aromatiques polycycliques, dioxines et furanes).
Le feu de jardin n'est pas si anodin qu'il parait l'être. Les déchets verts sont la plupart du temps humides quand ils sont brulés. Cette teneur importante en eau produit beaucoup de vapeur chargée en particules (la fumée) et refroidit le feu. Cette combustion à basse température est de mauvaise qualité et favorable à la production de polluants supplémentaires.
La matière vivante contient des sels minéraux comme … le sel ou chlorure de sodium (NaCl). Et le chlore du sel peut être source de dioxine lors d'une combustion à faible température.
Ainsi, un feu de branchages produit des quantités moindre que la combustion de certaines matières plastiques ou de matériaux traités, mais tout de même non négligeables de cette dioxine.
Nos voisins suisses et belges sont sensibles à la combustion des biodéchets en tant que source de ces polluants. En France, l'ADEME semble se limiter aux inconvénients et impacts suivants : risque de brûlures voire d'incendie, gêne pour le voisinage et réduction de la visibilité par la fumée à proximité des routes.
En dehors de cela, un seul feu de 50 kg de végétaux équivaut en particules à : 8500 km parcourus par une voiture essence récente, au moins 40 trajets pour accéder à la déchèterie la plus proche, 4 mois et demi de chauffage d’un pavillon avec chaudière fuel, une demi-journée de feu de bois d’une cheminée ouverte, ou 16 jours de chauffage d’un pavillon avec une chaudière à bois récente.
Si tous les propriétaires d’un pavillon de l'agglomération grenobloise font un seul feu de ce type par an, ils émettront autant de dioxines et furanes que l’incinérateur d’ordures ménagères pour brûler nos déchets pendant 43 ans à la norme actuelle.
Je vais donc désormais devoir changer mes habitudes. On pourrait dire que je suis un pyrophile (même si le terme a une autre signification). J'avais toujours un tas, souvent de branchages, que je ne pouvais destiner au compostage. Et c'est seulement une fois bien sec que je mettais le feu. Beaucoup de flammes, peu de fumée, m'en occuper et le surveiller était un des petits plaisirs du jardinier.
Bye bye ces feux de joie, j'ai commencé à réfléchir à la manière de gérer la quantité d'herbes, de feuilles, de branches issue de mon jardin.
Le premier moyen qui me vient à l'esprit est le compostage. Je ne vais pas trop m'étaler dessus, je l'ai déjà fait et d'autre le font encore mieux, que ce soit par exemple l'AREHN ou l'ADEME.
En cas d'impossibilité de composter, il y a alors la déchetterie.
Mon tas de compost déborde, envahit le jardin et je n'ai pas de véhicule ou pas suffisamment de place pour évacuer tous mes biodéchets … que faire ?!
Remarquez, certains ne se sont pas posés la question très longtemps. J'en veux pour preuve ces petits tas qui jalonnent les bords de chemin de campagne. Voire ces sacs plastiques, parce que tant qu'avoir la flemme autant l'avoir jusqu'au bout. C'est vrai que la déchetterie est tout de même à 2 km d'ici. Faut pas déconner, ça fait loin !

Autre exemple de fainéantise, d'insouciance, d'incivisme ou simplement du mépris de la réglementation et/ou de l'environnement, il y a les déchets de taille laissés sur place au pied de la haie dans le champ voisin. Enfin, il y a ceux qui brulent tout de même leurs déchets mais de nuit : l'herbe humide fait beaucoup de fumée et peu de flammes. Invisible à l'œil, l'odorat et les poumons le sentent passer.
Mais tous le monde n'est pas comme ça ! Quoique, pour ce que j'en sais, je ne suis pas allé chercher ces exemples bien loin, tout au plus dans un rayon de 300 mètres autour de chez moi.
Bref, contrairement à d'autres, je me suis posé la question du devenir de mes déchets verts en excès.
Tout d'abord, un rapide inventaire de ces potentiels déchets : les fruits tombés sains et malades, les feuilles mortes, l'herbe de tonte, l'herbe de fauche, les branchages, les branches, les troncs et les souches.
Très possible que cette liste ne soient pas exhaustive, mais celle qui suit l'est l'est certainement encore moins.
Du plus petit au plus gros ...
L'herbe de tonte : dans le compost ou pour faire du paillage, pas grand-chose d'autre à rajouter à ce que j'avais déjà dit ...
L'herbe de fauche : Dans l'année, on fauche beaucoup moins souvent qu'on ne tond. Le "peu" obtenu peut aussi être intégré au compost ou servir de paillage.
Cette année, j'ai essayé un truc avec cette herbe. Les bananiers ont poussé et il devient difficile de les protéger en hiver. Pour ne pas trop avoir à les rabattre, j'ai improvisé des cache-nez pour mes bananiers : du bas vers le haut, j'ai enroulé de l'herbe comme une corde, reliant les brins ensemble en les torsadant. Entourés d'un manchon d'herbes bien serrées de 2cm d'épaisseur, et recouvert d'une simple bâche, les bananiers ont, semble-t-il, bien passé cet hiver, lequel était pourtant assez rigoureux.
Sinon on peut laisser cette herbe en un tas. Des petits tas que j'avais laissés au pied des haies avaient fait le bonheur des femelles vers luisant qui trouvaient là la possibilité d'être à la fois cachées et visibles à travers les brins.
Un tas plus grand (plus d'un mètre),dans un coin du jardin, abrité ou pas, fera office d'abri pour insectes ainsi que pour rongeurs. Au fur et à mesure des sessions de fauche, alors qu'il se décomposera et se tassera par la base, le tas sera alimenté par le haut.
Les feuilles sèches : Pendant l'hiver elles auront servi à la protection des végétaux craignant le gel. Puis au printemps, les incorporer au compost. Elles prennent du temps pour se dégrader, alors un manière de donner un coup de pouce au processus est de les "mixer" avec un rotofil dans une poubelle faisant office de "bol à mixeur".
Les feuilles sont aussi un constituant des buttes (voir plus bas).
Les fruits tombés : Ceux apparemment sains ont été laissé pendant l'hiver pour nourrir merles, hérissons ou tout autre affamé. Au printemps, ils iront rejoindre les fruits malades qui, pour éviter la propagation de maladies, ont été enterrés à 1m de profondeur.
Les branchages : Ça se complique. Les branchages sont plutôt encombrants. J'en ai disposés au pied de l'emplacement de la haie actuelle et à l'emplacement de la future haie. C'est un moyen comme un autre pour les arbustes de la haie de ne pas avoir la concurrence de mauvaises herbes et d'avoir les pieds au frais. Idem pour les futurs arbres de la haie.
Tous ces branchages sont également des abris pour les insectes et les petits rongeurs.
Des petits fagots, d'inclinaisons et d'orientations variées, constitués d'une vingtaine de tiges de différentes grosseurs, de 20-30 cm de long, creuses ou pleine de moëlle (buddleia, sureau) feront des nichoirs et abris à insectes.
Un grand tas de branchages, aussi organisé en fagot, peut être le refuge de nombreux oiseaux. Certains comme le rouge-gorge, le troglodyte mignon et l'accenteur mouchet y nicheront.
Et pour le jardinier patient (très très patient), ces oiseaux viendront même semer (par l'entremise des voies naturelles) les futurs sureaux, aubépines ou encore prunellier, d'une non moins future haie vive.
Les branchages sont l'élément de base de la culture sur butte à la façon allemande. Dans une tranchée de 25 cm de profondeur, de 1m80 de large, et orientée nord-sud se succèdent des couches concentrique :
- la première de branchages est bombée, haute de 50 cm tout en laissant une marge sur les côtés,
- la deuxième couche faite avec les mottes de gazon précédemment enlevées au moment de creuser la tranchée, racines vers le haut. Sinon de la paille ou des déchets verts variés sur 15 cm recouvert de 10 cm de terre bien tassée,
- la troisième faite de 25 cm de feuilles, humides et mélangées à un peu de terre,
- la quatrième couche, éventuellement de fumier sinon obligatoirement de compost bien mûr,
- La cinquième et dernière couche de 15 cm d'épaisseur de terre.

Sur la butte, seront d'abord plantées les premières années des plantes exigeantes comme les pommes de terres, des tomates ou des choux. Les moins gourmandes seront au pied de la butte.
Bien que tentant, je n'ai pas encore eu l'occasion de me lancer dans cette façon de faire. Pour les audacieux, il sera bon de connaitre les avantages (dont l'augmentation de la surface cultivable, le sol réchauffé du fait de la fermentation et l'exposition, la facilité de drainage et du travail, et un rendement élevé) et les inconvénients (dont la possibilité des racines de griller au contact avec la matière organique en décomposition, le dessèchement de la butte, le milieu accueillant pour les souris et les taupes, et l'effort demandé à la mise en place de la butte).
La culture sur butte a fait aussi l'objet d'un sujet sur le forum de OnPeutLeFaire.com.
Autre usage des branchages et des branches de moins de 7 cm de diamètre : le bois raméal fragmenté ou BRF (voir les Jardins de BRF). On l'appelle aussi aggradation (par opposition à dégradation). C'est une technique qui améliore le sol.
Les végétaux (y compris ronces, lierres, … !) sont broyés en octobre juste après la chute des feuilles. Le broyat est disposé en couche de 8 cm d'épaisseur et permet de cultiver directement sans avoir à (trop) travailler le sol. Les (bons) champignons microscopiques, dont le développement est favorisé par la sève encore présente dans les végétaux, permettent également de protéger les plantes du potager. C'est à renouveler tout les quatre ans.
Le broyat obtenu en mars-avril doit être, quant à lui, mélangé au sol en surface et arrosé si le temps est trop sec.
Les conifères peuvent même être utilisés en BRF à condition de représenter moins de 20 % du broyat utilisé.
Le hic, c'est que même si il est possible de le faire à la main (avec hache et marteau), le broyeur peut se révéler indispensable pour ceux ayant de grande quantité de déchets de taille.
Enfin, les branchages peuvent faire de quoi pailler des massifs ou garnir un chemin. En l'absence de broyeur, j'ai utilisé ce que j'avais sous la main : un taille-haie électrique. Tout comme le rotofil (que je citais plus haut) je l'utilise comme un mixeur. J'ai utilisé là aussi une poubelle pour mixer de l'aubépine. Mais pour les végétaux encombrants j'ai utilisé une corde pour faire un énorme fagot, lequel a été débité en "tranches". Dans ce cas là, les morceaux de buddleia ont servi comme paillage pour des boutures de sureau.
Ailleurs, j'étais envahi de vigne vierge. Avec le taille-haie j'ai "émincé" le tas de vigne vierge arrachée en croisant la coupe de façon a avoir des bouts de 10 cm au plus. Cela m'a servi pour les passages du potagers.
Certains végétaux comme les conifères ou les laurier-cerise et laurier-rose ( parce que soit ils sont acidifiants, soit ils sont toxiques), sont difficile à utiliser : éventuellement pour pailler le pied des arbres dont ils sont issus (en l'absence de maladies), sinon direction la déchetterie.
Un cas particulier, le bambou ne fait pas du bon BRF. Par contre, il est très utilisé pour faire des tuteurs , des treilles, des nichoirs à abeilles, etc … Pour toute ces utilisations, le bambou doit avoir plus de
4 ans et avoir été séché.
Entre branchages et branches, certaines parties faisant 1,5 à 4 cm de diamètre ont des utilités plus précises : rames pour pois ou haricots grimpant ; panneau tressé en noisetier, châtaignier ou saule, pour des bordures, clôtures ou même pour un silo à compost … sans oublier le frêne qui, flexible, est un bois dont on faisait les arcs.

Piquets et tresses sont en noisetier. Sauf que les piquets viennent de branches mises à sécher il y a quelques années de cela, et les tresses sont des chutes de recépage de cette année. Pour couvrir le passage central du potager, j'ai étalé de la vigne vierge coupée en morceau.
Pour un diamètre encore plus large, ces branches font de bons poteaux imputrescibles en robinier (faux acacias) après séchage, des piquets en châtaignier pour les plants de tomate, des portillons, des palissades, des meubles de jardins, …

Des rondins : De 15 à 20 cm de diamètre, ces rondins quand ils sont en charme, frêne ou chêne, seront mis à sécher pendant 3 à 4 ans pour faire du bois de chauffage.
Dans un coin du jardin, et pas forcément le même que celui où se trouve celui d'herbe, un tas de bois sert d'abri pour le hérisson, la belette, le crapaud, la musaraigne, les carabes, de nichoir pour les abeilles et de source d'alimentation pour les insectes saproxylophages (mangeurs de bois mort).
Il peut même y avoir deux tas : l'un au soleil pour les insectes xylicoles (qui nichent dans le bois) et l'autre à l'ombre pour les insectes saproxyliques (qui mangent de la matière morte).
Seuls les rondins frais, non séchés, feront ici l'affaire. Au fil des années, on en ajoute tandis qu'avec la décomposition le tas s'affaissent.
Dans un rondin sec de bois dur (hêtre, chêne,…), des trous de 2 à 12 mm de diamètre, environ 10 fois plus profonds que larges, orientés au sud ou à l'est, et à l'abri des intempéries, seront les futurs nichoirs à abeilles solitaires.
Petits ou grands déchets verts, tous peuvent être réunis dans un immeuble à insectes comme sur cette photo de gauche.
Les billes de bois : Les usages de morceaux de troncs diffèrent peu de ceux des rondins : bois de chauffage, mobilier de jardin (bancs et tabourets), bordure et séparation, ...
Sous le chêne, des rondins provenant d'un vieux saule qu'il a fallu abattre, bordent des fougères, et sont en train de se décomposer au profit des plantes. Les branches mortes tombées du chêne sont cassées facilement et au fur et à mesure pour couvrir le passage boueux que ma chienne aime emprunter.
A l'instar d'une souche, une bille de bois de bouleau ou de saule, debout dans une haie, se décompose assez rapidement au fil du temps. Couverte de mousse ou de lierre, elle devient idéale pour certains petits animaux qui y trouvent nourriture, lieu de ponte ou nichoir, comme la cétoine par exemple .
Et puisque les moisissures des bois morts et vivants diffèrent, il n'y a pas de risques à ce que du bois mort se décompose à côté d'arbres bien en vie.
Réduire les déchets à la source
On trouve dans beaucoup de tondeuses le moyen de faire du mulch. L'herbe tondue est hachée et redéposée dans le gazon. Aucun bac d'herbes à vider. Intéressant pour des pelouses entretenues, cela devient un inconvénient ailleurs.
Le mulch enrichit le gazon en matière organique, ce que les mauvaises herbes aiment beaucoup, et les prairies apprécient moins. Les plus belles prairies fleuries sont d'ailleurs sur des terrains pauvres.
Avec cela, plus on coupe l'herbe, plus elle aura tendance à pousser. On produit plus de matière en tondant qu'en fauchant, ce qui augmente d'autant plus la fréquence de la corvée...
Sinon, avoir un minimum de déchets se pense à l'avance. Par exemple, au moment de planter une haie. Il s'agit de choisir des arbustes et arbres soit à croissance lente (buis, if), soit facilement valorisables.
Autant préférer les haies vives (prunier, prunellier, sureau, noisetier, aubépine, houx, cotonéaster, fusain, …) ou fleuries (buddleia, forsythia, wegelia, cornouiller, hibiscus, seringat, lilas,…) au lieu des haies persistantes (thuya, cyprès, troëne, laurier-cerise,…).
Et pourquoi ne pas tailler les saules et robinier en têtard ? Cette façon de faire offre le gîte à une faune variée et ses déchets de tailles font souvent bon usage.
Et pourquoi ne pas mettre en commun un broyeur pour les habitants d'un quartier ou d'un village ? Ou alors un broyeur itinérant où les gens apportent leurs déchets verts et repartent avec leur broyat ? Ce sont des moyens de mettre à disposition à moindre coût un matériel qui sert peu au cours de l'année.
Et pourquoi ne pas organiser une "Bourse aux Déchets Verts" ? Parce que les déchets des uns sont les matières premières des autres.
Et c'est maintenant que se pose le réel problème qui me préoccupe vraiment : si tous ces résidus du jardinage ne sont plus abandonnés mais me servent et qu'ils viennent même parfois à manquer, sont ils encore des déchets ? Et s'ils n'en sont plus, j'ai alors le droit de brûler mes non-déchets verts. Non ?
lundi 01 octobre
Paré à la mise en boîte
J'ai un peu trop abusé du teasing. Du coup, si les lecteurs et lectrices sont déçus par le billet tant attendu qui suit, c'est d'abord moi qui risque d'être mis en boîte.
Justement, dans "boîte de munitions servant au désobusage", il fallait retenir le terme boîte, tout simplement. Quant au désobusage, il s'agit de neutraliser les munitions et les explosifs.
C'est quasiment la fin de la période de jardinage intensif, et les outils et le matériel en général sont de moins en moins utilisés. L'occasion de faire du rangement.
Parmi les boîtes de rangement, il y en a au moins trois, pour trois fonctions différentes. Voici donc un inventaire de leurs contenus.
L'ancienne caisse à outil (en haut à gauche) permet de stocker les matériels qui servent occasionnellement, et les produits à tenir éloignés des animaux et des enfants. Donc de haut en bas et de gauche à droite, il y a dans ma caisse :
- Un bouteille avec un reste d'engrais liquide pour plantes vertes,
- un voile de croissance,
- des sachets pour protéger les fruits,
- de l'aliette, notamment pour traiter les haies de conifères, mais qui m'a très peu servi,
- des granulés anti-limace que j'utilise seulement dans des conditions particulières,
- de la bouillie bordelaise, en double parce qu'il y a le vieux paquet presque vide et le neuf,
- du produit pour plantes vertes et contre les cochenilles,
- un pot de glu,
- un pot de goudron de pin,
- du round-up, lequel me sert seulement pour dévitaliser les souches d'arbres,
- des boites d'hormone de bouturage,
- un cadenas pour fermer la caisse si nécessaire,
- du fil, avec là deux types de bobine,
- de la javel en pastille, plus pratique que des doses liquides,
- et une canette de bière, pour alimenter un piège à limace, il me reste celle-là et elle servira l'année prochaine.
A droite de l'ancienne caisse à outil, il y a cette boîte de désobusage. Contrairement à l'autre rangement, elle reste peu en place et il m'arrive de la balader sur le terrain. Elle contient les petits outils indispensables au jardinage :
- la moitié d'une cisaille à gazon, qui, sans fonction précise, me sert très souvent,
- la cisaille à gazon, entière,
- le plantoir à bulbe,
- le plantoir,
- le sécateur,
- la griffe à 3 dents,
- la clé pour serrer la lame de la faux sur son manche,
- la pierre à aiguiser la faux,
- la petite binette, que par ici on appelle piochon,
- le transplantoir qui a bien vécu, au point se plier en deux pour un oui ou pour un non,
- le transplantoir neuf, et donc qui reste bien droit,
- une série de 4 outils en fait plutôt adaptés pour l'entretien des plantes vertes,
- et des paires de gants de travail.
La boîte de désobusage/à outils de jardin, n'a plus de joint au niveau du couvercle. En général, les boîtes de munitions ont l'avantage d'être étanche. En métal et équipées d'un joint caoutchouc, elles sont très utiles pour conserver ce qu'on veut à l'abri de l'humidité.
J'avais eu l'occasion de récupérer quelques boîtes de ce genre, mais je pense que l'on doit pouvoir en trouver dans les magasins de surplus de l'armée.
En bas de la photo ci-dessus, la troisième boîte me sert pour conserver les graines. En ajoutant deux-trois bouchons de tubes d'aspirine l'humidité résiduelle sera réduite.
J'y range aussi un pinceau utile pour trier les graines, et dont le manche me sert à faire les trous pour les semis en godets.
A gauche de la boîte, il y a des choses, comme une lame de faux et une scie à élaguer, qui ont du mal à trouver leur place. La plupart du temps elles restent à proximité ou sur la caisse en bois.
En fonction des besoins, on peut avoir une ou plusieurs boîtes supplémentaires. D'autant que ma liste d'outils n'est pas exhaustive et ne contient que ce que j'ai, ou plutôt que ce dont j'ai besoin.
Couteau à désherber, grattoir, serfouette, râteau à main, etc, ... il y aurait encore beaucoup de choses à rajouter.
Et vous qu'est-ce qu'il y dans vos boîtes à outils de jardinage ?
jeudi 06 septembre
Teaser
Un teaser, histoire de monter en épingle un prochain billet.
Le prochain billet en question
jeudi 21 juin
Le repos du guerr... du jardinier
C'est le 21 juin, nous sommes en été. Je présente donc le geste le plus important à faire en cette saison et dans le jardin : installer son hamac.
D'abord choisir les points d'attache des extrémités du hamac. Piton dans un mur, poteau, tronc ou branche d'arbre, quelqu'ils soient, il vaut mieux prévoir deux mousquetons pour installer et détacher facilement le hamac.
Ensuite, deux bouts de corde permettent de pouvoir utiliser deux points d'attache trop distant.
L'une de ces cordes peut être installé autour d'un tronc en passant au-dessus d'une branche. Une boucle à chaque extrémité de la corde et en deux clics (ceux du mousqueton), le hamac est à moitié installé.
Mais pour ne pas blesser l'arbre, j'utilise des morceaux de chambre à air. Je les utilise aussi pour limiter l'usure entre mousqueton et hamac.
J'attache l'autre bout du hamac à un poteau. Pour cela, pas besoin de noeud. Qu'est-ce qu'un noeud ? Ce n'est qu'un moyen de réduire à zéro une force de traction suite à l'opposition d'une somme suffisante de forces de frottement, somme liée à la multiplication de zones de contact au sein même de la corde. Non ?!
Donc en enroulant plusieurs fois la corde autour du poteau, celle-ci tiendra solidement malgré le poids du futur occupant du hamac.
Autre avantage, cela permet de régler facilement la hauteur. En prenant en considération l'élasticité de la corde et du hamac, celui-ci à vide, devrait se trouver à 80-100 cm du sol.
Maintenant il ne reste plus qu'à se laisser glisser dans ce cocon et osciller mollement. Pour peu que le hamac se trouve à l'ombre d'un feuillage, un petit courant d'air frais, au mépris de la chaleur ambiante, pourrait passer à proximité. Maintenant, chacun a le choix : céder à l'assoupissement, profiter de ce moment de répit pour réduire la pile de livres accumulés le reste de l'année, se plonger totalement dans l'univers stéréophonique d'un album de musique, ou tout simplement s'abandonner à la contemplation ... ou les quatre à la fois!
A mon avis je ne prends pas trop de risque : Bonne sieste !
mercredi 07 mars
Retroussons nos manches !
Archimède disait "Donnez-moi un point d'appui et je soulèverai le monde !". Moi je dis "Donnez-moi un point d'appui et je casserai les manches d'outils les uns après les autres !". Comme circonstances atténuantes, il faut savoir que la terre du jardin est lourde et que je prends le principe du levier au pied de la lettre.
Donc régulièrement, je remplace les manches de certains outils, et autant que ce soit bien fait. Hélas, parfois, la partie à enchâsser n'est pas à la bonne taille.
J'utilise le morceau de manche cassé qui est resté dans la partie métallique comme gabarit pour savoir quel diamètre devra avoir l'extrémité du nouveau manche. En fonction de cela, je taille plus ou moins vivement dans le bois avec mon opinel. Puis, pour avoir la forme idéale, je tâtonne en alternant mise en place du manche et passage l'opinel. J'enlève juste les endroits en contact avec l'intérieur de l'outil et donc ceux tâchés par la rouille. Doucement le bout du manche prend forme. Il faut faire quand même attention que le manche soit bien droit et ne parte pas de travers par rapport au reste de l'outil.
Le manche que j'ai à retailler est courbe et donc il y a une position particulière à respecter. Pour ne pas perdre mon repère au cours des manipulations et des ponçages, j'ai fait une petite incision dans le bois (visible juste à droite du couteau).

Après plusieurs essais, le manche finit par bien s'insèrer. Un bon coup de papier de verre à gros grain va affiner la forme. Ensuite avec un grain plus fin, j'ai poncé tout le manche, et l'ai rendu doux, doux, doux, ...
Pour protéger le bois, j'utilise un bloc de paraffine. Je le frotte sur la moindre surface du manche. Il sera protégé de l'humidité, et aura un meilleur contact avec les mains.

Le manche est enfin prêt à être fixé définitivement. Une fois bien placé, je prends le manche, partie métallique vers le haut, je tape franchement son extrémité contre le sol. De cette manière l'outil pourrait pratiquement tenir sans clou. Mais mettre un clou est une précaution à ne pas négliger.

L'outil a retrouvé une nouvelle jeunesse, ... jusqu'à la prochaine fois !
mardi 06 mars
Un arbre enlierré
Il y a de quoi se prendre la tête quand il s'agit du lierre. Malgré ses grandes qualités, on peut facilement le considérer comme une "mauvaise herbe". Sournoisement, il envahit d'abord les recoins sombres. Il se fait discret, prend des forces. On croit qu'il végète mais, quand il se sent d'attaque, déclenche un raz-de-marée. Pas le temps de se retourner que le tapis est déjà déroulé.
Et alors pour désherber du lierre, c'est coton. Il ne faut absolument oublier aucun morceau de lierre sous peine de voir se multiplier les foyers d'invasions. Et ce n'est plus un, mais une bonne dizaine de tsunamis qui sont à craindre.
Cependant la plante est utile et, entre autre, fleurit en automne et fructifie au printemps, ce qui permet à la faune de survivre. Mais les fleurs, et donc les fruits, ne se forment que sur des rameaux d'un certain âge (d'où l'intérêt de bouturer de préférence des vieux rameaux). Une bonne épaisseur de lierre fait aussi d'abri pour de nombreux petits animaux, oiseaux, rongeurs ou insectes.
Au lieu de tenter de l'anéantir, il peut donc être plus sage d'utiliser la liane et de la contrôler ...
Le lierre n'étouffe pas les arbres sur lesquels il s'accroche. A la limite, les arbres sont plus susceptibles de souffrir du surpoids dû au lierre ainsi que d'une augmentation de la prise au vent. Mais c'est dans les cas extrêmes.
Un minimum d'entretien est alors nécessaire : tailler pour éviter que le lierre n'aille sur les branches.
Dans le cas de mon bouleau, je taille à 1m. Je pourrais aller jusqu'à 2m que ça ne changerait rien. C'est pour moi le moyen de ne pas laisser le lierre envahir l'arbre. En plus de ça, cette large gaine végétale dissuade les chats de grimper, ce qui n'est pas pour déplaire aux mésanges qui nichent 3-4 m plus haut.
vendredi 26 janvier
Neige, gel et dégel
D'un côté, on attend la neige avec impatience pour s'y rouler dedans, y courir fougueusement, et pour en bouffer à pleine gueule.
De l'autre, c'est la corvée de déneigement des chemins, des arbustes.
Quand la neige trop collante s'accumule, il faut alors passer de partout dans les haies et les arbustes isolés pour la faire tomber des branches avant que celles-ci cassent. Pour cela j'utilise une gaule, une branche de noisetier de 5 m de long.
Mais si la neige ne présente pas de risque, il y a tout intérêt à la laisser en place. Elle agit entre autre comme un isolant thermique. Pour s'en rendre compte, il suffit de prendre simplement une pioche ou une bêche. Dans le potager, à certains endroits la neige a fondu et la terre est exposée au gel. Avec la pioche, j'y ai soulevé une plaque solide de terre épaisse de 8 cm. Juste à côté, la terre recouverte de neige est friable, ou alors légèrement gelée. C'est toujours bon à savoir quand quelques légumes-racines d'hiver sont encore au jardin.
Avec le temps doux de ces dernières semaines, des jonquilles au pied de la meule (photo à droite) commençaient à pointer. La neige les protégera du gel, je la laisse donc, ici et ailleurs. Sur la meule, des pots de plantes montagnardes (sedum, joubarbe, ...) n'ont rien à craindre.
Par contre je pense que dans d'autres régions de France, les plantes déjà en fleurs vont souffrir malgré tout ...
Pour protéger les arbres comme les conifères, il y a différentes méthodes. Soit on les cercles pour éviter que les branches s'écartent et se rompent ; soit on les taille en pointe pour offrir un minimum de prise à la neige.
D'autres arbres sensibles au froid ont déjà leur protection, leur écharpe autour de leur tronc. En fait, cette écharpe les protège aussi bien du froid que du chaud.
Pour le froid, ça se comprend, ça isole des températures négatives. Pour le chaud, ça protège du soleil matinal et d'un réchauffement trop rapide qui causerait des dégâts au niveau cellulaire.
Les protections sont diverses et se font en fonction des cas : pailles, plastique associé à du voile non tissé, papier journal, fougère, pavés et briques, plaques de verre, hivernage en serre ou véranda, ... Tout est possible et tout est à prendre à considération. Mais bien sûr, c'est pour les plantes sensibles et les plantes en pot. Les autres se débrouillent très bien toutes seules.
Il faut se rappeler que le froid a du bon : il élimine une
bonne quantité d'insectes nuisbles, il va émietter le sol bêché, il
marque une étape dans la phase de sommeil des végétaux. Il est aussi
nécessaire à la germination de certaines graines.
Et bien sûr, il faut éviter le sel pour déneiger là où il y a des plantations. Eventuellement, de la cendre, en plus d'être un futur apport nutritif, peut être un bon anti-glisse. Sinon il y a le sable, la sciure, ...
Enfin, un petit truc : les endroits où la neige fond précocément, plus chauds qu'ailleurs, feront de bons emplacements pour les plantes frileuses ou avides de chaleur et pour les premiers semis.
mercredi 22 novembre
Fruit de glane
A l'abri du hangar, quelques rayons vespéraux rasent les grains de maïs.
jeudi 16 novembre
T*ile & T*ile
* : à remplacer par o ou u, au choix.
Le temps est doux et, sur les plages, on bronze encore à mi-novembre.
On passe rapidement d'une condition météo à l'autre. Ce qui serait dommage serait d'être surpris par un gel subit et pourtant attendu.
J'ai déjà veillé aux bananiers. Il reste quelques arbustes à protéger. Ce sont non seulement les arbres qui, d'origine méridionale, craignent le froid (tels les figuiers, certains muriers, les plantes aromatiques), mais aussi de jeunes arbres à l'écorce pas suffisament épaisse pour bien résister au gel.
Plus que le gel, ce qu'il faut craindre c'est le dégel. Il faut qu'il se fasse en douceur. Après une nuit de gel, la seule chaleur du soleil du matin peut provoquer un dégel trop rapide, causant la destruction des cellules du tronc des arbres. Il en résulte souvent un éclatement de l'écorce.
A titre préventif, on peut peindre les troncs en blanc pour renvoyer un maximum de lumière, et empêcher le tronc d'absorber de la chaleur le matin.
On peut également utiliser un mélange de terre argileuse et d'eau comme badigeon. C'est le même mélange épais qu'on utilise sur les plaies après avoir soigneusement enlevé les écorces éclatées avec une lame aiguisée.
Une autre méthode est d'enrouler de la toile de jute autour du tronc, toile dont sont faits certains sacs postaux par exemple.
Cette année, j'ai même trouver l'idée d'utiliser les tuiles. Celles-ci me servent beaucoup en été, mais quasiment jamais en hiver. Enfin jusqu'à maintenant.
Un simple lien tressé en rafia suffit pour que les tuiles se maintiennent mutuellement ensemble.
J'en espère 3 actions :
- accumulation de chaleur restituée pendant une partie de la nuit,
- isolation grâce au feuilles mortes qui remplissent ce cylindre,
- et effet décoratif.
Le tapis de feuilles mortes au pied des arbres est également important : il protège les racines. De la même façon, ça peut protéger aussi les plantes des massifs, notamment celles qui sont enterrées pendant la période hivernale.
vendredi 10 novembre
Un week-end "mercato"
Quand j'entends le mot mercato, je ne pense pas à la traduction italienne de marché. Je pense plutôt aux transferts, que ce soient de joueurs de foot d'un club à un autre, ou des présentateurs d'une chaine télé à une autre.
Donc ce week-end mercato sera un week-end de transfert ... d'arbres et arbustes.
Toutes les plantes installées spontanément chez moi, ne m'ont pas consulté pour le faire. Je dois donc les remettre à leurs places. Et c'est le meilleur moment de l'année pour le faire.
Le petit figuier à l'ombre du cerisier va trouver la lumière. Le sorbier va rejoindre la haie, tout comme quelques fusains, buddleïas, cotoneaster, sureaux, etc. Le temps que je lui fasse de la place, le murier va soit se trouver à l'étroit dans un pot, soit attendre le printemps au même endroit (c'est-à-dire au milieu du potager). Beaucoup de jeunes noyers vont être supprimés, mais l'un d'entre eux est au bon endroit : il aura juste droit à une petite coupe pour ne pas se prendre la grosse tête.
Les gestes de plantation restent les mêmes. De mémoire, il faut :
- Préparer les trous de préférence à l'avance. Pour un trou profond, il faut penser à faire deux tas de terre : un tas des 20-30 premiers centimètres de bonne terre qu'on mettra au fond, et la terre du fond qui se retrouvera en surface.
- Mélanger la terre sortie du trou avec du compost, du terreau ou un engrais de type Or Brun.
- Planter le tuteur d'abord, s'il y en a besoin.
- Si la plante a les racines à nu, les tailler de façon à ce que soit net, puis les praliner.
Il existe diverses recettes de pralin avec divers ingrédients : terre argileuse, bouse, charbon de bois, compost, tourbe blonde, ... Plus simplement, j'utilise ce qui reste au fond d'un silo où se trouvait auparavant le compost. Je racle en surface un mélange de terre et de restant de compost que je mélange avec de l'eau afin d'obtenir une boue épaisse. Tremper les racines dans ce mélange favorisera la reprise de la plante. Le pralin se conserve pour des plantations ultérieures.
- Placer l'arbre et verser la terre en laissant une cuvette pour l'arrosage.
- Pour les arbres greffés, pour ce qui aurait acheté leurs arbres, penser à positionner le point de greffe au même niveau que le sol alentour.
- Avec un petit bâton, combler de terre les poches d'air entre les racines.
- Tasser du pied.
- Arroser. Même si l'arbre n'en a pas besoin à ce moment là, ça permet surtout de tasser encore la terre, et de la faire venir au contact des racines. Bien sur, il faut que les températures soient au dessus de zéro pour cet arrosage.
- Attacher au tuteur ou haubanner, en protégeant le tronc.
- Rajouter un tapis de feuilles mortes, elles isoleront les racines du froid. Selon ma grand-mère, une épaisseur de papiers journaux feraient également l'affaire.
Et maintenant, au boulot !!!
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