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lundi 10 mars
J'arrive vraiment pas à le coâre
Corvée de fin d'hiver ou corvée de début de printemps, c'est la même chose, il faut le faire : ce dimanche, je m'en suis allé virer les feuilles qui se sont glissées entre les grilles du caniveaux devant le portail du garage. En même temps, je profite pour enlever la terre que les vers de terre ont remontée.
j'ai presque fini, il me reste plus qu'un coin à faire. J'enlève les feuilles et, Oh ! surprise ! devinez sur quoi je tombe ?
Et oui, sur une grenouille verte (Rana esculenta). Elle s'était trouvé un refuge entre les feuilles de chêne et quelques poils de ma chienne ...
La surprise est vraiment grande parce que je ne vois pas du tout d'où elle peut venir. Le ruisseau le plus près est à 800 mètres, et pour en venir il faut traverser deux-trois routes et chemins, ainsi qu'un carrefour très fréquenté.
Alors un point d'eau ?! Là non plus, je ne vois pas. D'autant que, renseignement pris, les grenouilles vertes sont plutôt bruyantes pendant l'été. Je les aurais certainement entendues si il y s'en était trouvé à proximité.
Donc voilà l'animal. La grenouille verte se trouve dans toute l'Europe, que ce soit en plaine ou en montagne. Le mâle fait 7,5 cm, et la femelle jusqu'à 13 cm. Elle se nourrit d'insectes, d'araignées, de petits poissons, d'escargots, etc. Bref, c'est un voisinage très sympathique et pratique pour un jardin.
Elle habite sur les rives des lacs, dans les étangs ou les mares, et l'hiver l'adulte le passe au fond de l'eau dans la vase. Le jeune par contre se cache plutôt au sec, sous des pierres, dans du feuillage, ...
Celle qui se trouve dans mon caniveau fait environ 5 cm, ce qui confirme que c'est un jeune.
Mais tout ça ne m'explique toujours pas comment, cette jeune grenouille verte est arrivée là ... Ces jours-ci, le vent est fort, mais tout de même pas au point de faire voler les grenouilles ... !
Je remets une épaisseur de feuilles sur cette nouvelle venue, et j'espère que cette rencontre inopinée ne l'aura pas trop dérangée. On ne sait jamais, des fois qu'elle déciderait de s'installer ...
mardi 07 août
En Vis à Pie
Une nuit en début de juin dernier. Juste avant d'aller dormir, je sors la chienne une dernière fois. Connaissant par coeur le terrain, j'avance dans le noir.
Soudain au niveau du bosquet de bouleaux, j'entends un bruit à deux mètres du sol. Un battement d'ailes. L'oiseau n'est pas aller loin, il est encore tout près. J'allume la lampe torche. Une pie bavarde.
Comme la plupart des animaux aveuglés par la lumière (ou les phares de voitures), la pie ne me voit pas et reste immobile. Donc, caché derrière la lampe torche, je fais le tour de l'arbre et j'aborde l'oiseau sous un autre angle. Il n'est pas tranquille mais se laisse approcher.
Je l'approche tellement que l'appareil photo est à 20 cm de lui. On dirait que c'est un jeune oiseau. D'ailleurs, se percher à deux mètres de haut ressemble bien à une erreur de jeunesse, erreur qui aurait pu lui être fatale. De plus l'implantation des plumes me fait penser que cette pie est en train de perdre son plumage de jeune pour celui d'adulte.
En partant, je fais exprès de l'effrayer. Il aurait été une proie trop facile pour le premier chat venu. C'était une bien agréable et rare rencontre nocturne.
lundi 25 juin
Le Soriciduc
Le soriciduc est un moyen de contribuer à la biodiversité de proximité, mais pas la peine de chercher la signification de ce terme, vu que je l'ai inventé.
Un soriciduc est un viaduc pour soricidés, c'est-à-dire pour tous les membres de la famille des musaraignes. L'intérêt de ce soriciduc est de permettre aux musaraignes d'avoir un plus grand champs d'action au sein du jardin sans être une proie facile pour des rapaces et les chats. En effet, la musaraigne, notamment durant la période des amours, peut être très peu discrète et totalement insouciante. J'ai eu quelques fois l'occasion d'en voir se battre à mes pieds comme si je n'existais pas. On la repère aussi par son couinement très aigu, précipité et caractéristique.
Enfin, est-il besoin de rappeler que la musaraigne est une alliée précieuse pour le jardin ? Tout en ne lui nuisant pas, elle a continuellement grand appétit et se nourrit d'insectes, de larves, de limaces, d'escargots, ... qu'elle trouve notamment dans le compost. Chaque nuit, elle consomme l'équivalent de son poids !
La génèse de ce soriciduc s'est faite en plusieurs temps. D'abord, j'ai creusé une rigole au pied d'un muret pour évacuer plus loin l'eau de pluie venant du chemin et stagnant devant la maison. Puis, ma chienne, ayant pris l'habitude de boire dans cette rigole, je l'ai protégée avec ce que j'avais sous la main, des vieilles tuiles plates. C'est ensuite seulement que j'ai constaté que cet agencement plaisait aux musaraignes.
Au début, le nombre de tuiles était limité, et pour couvrir plus de longueur je les ai espacées. Plus tard, ayant pu en récupérer à nouveau, j'ai rejoint les tuiles, les faisant se chevaucher. Mal m'en a pris ! c'était devenu un très long couloir sans accès, déserté par les musaraignes.
Maintenant, toute les six tuiles, je laisse un espace de 4-5 cm par lequel les musaraignes peuvent entrer et sortir à leur guise.
En contact avec la terre, il vaut vraiment mieux utiliser des vieilles tuiles usées. Petit à petit, elles ont tendance à s'effriter. Pour les faire durer, il faut faire attention au sens dans lequel on les mets. Il faut les mettre comme sur les toits, sinon la partie qui se redresse en bout de tuile, retiendra l'humidité et s'abîmera plus facilement.
De plus, un morceau de grillage évite que des feuilles mortes obstruent l'entrée et que le soriciduc n'assurent plus sa fonction première, c'est-à-dire évacuer l'eau de pluie.
L'entretien, enfin, se réduit à une dépose et une repose des tuiles tout les 3-4 ans pour curer et remettre en place les tuiles qui auraient bougé.
Le sorociduc ne profite pas seulement aux musaraignes, mais aussi aux lézards, aux araignées, ... donc à d'autres alliés du jardin.
samedi 16 juin
Les Vers d'Escher
Comme beaucoup de personnes, je me suis demandé à un moment ou à un autre où M.C. Escher allait chercher ses idées compliquées, tarabiscotées, pour en faire des dessins. Par exemple, Drawing Hands (1948) représente une main gauche qui à la fois dessine une main droite et est dessinée par celle-ci. De la même manière qu'on se pose la question "qui de l'oeuf ou de la poule est arrivé le premier ?" on se demande quelle est la main qui dessine et quelle est la main qui est dessinée. Quel est la réelle ? Quelle est la virtuelle ?
Bienvenue dans la matrice ...
Escher est maintenant une source d'inspiration que ce soit pour une modélisation 3D ou pour cette image à droite, extraite d'un montage fait pour Worth1000.
Et si finalement Escher s'était tout simplement lui-même inspiré de la nature ?
C'est en tout cas ce que je me suis dit quand j'ai vu les pervers de terre s'envoyer en l'air. C'est pas pervers ça : passer toute sa vie dans le sol et venir à la surface pour copuler aux yeux de tous ?
Après avoir duré la journée, la pluie s'est arrêtée le soir venu. De nuit, à la fraîche, les lombrics en profitent donc pour faire copain-copine. Hermaphrodite, le ver de terre est en fait à la fois copain et copine.
Sans quitter entièrement leurs trous respectifs, l'un vient à la rencontre de l'autre et vice-versa. Et puis zou ! c'est parti pour la reproduction. Et pas n'importe laquelle, il s'agit là de la reproduction sexuée. Et pour résumer, celle asexuée consiste en l'obtention de deux individus à partir d'un seul, souvent parce que coupé par inadvertance.
La partie renflée des vers de terre, ou clitellum, émet un mucus qui d'abord les tiendra réuni, tête bêche. Les glandes sexuelles mâles et femelles se trouvent à mi-chemin entre le clitellum et la pointe de la tête. Quand les vers de terre se retiront, ovules et spermes de l'alter ego glisseront vers un cocon également sécrété par le clitellum et dans lequelle se produira la fécondation.
Et si Monsieur Escher était encore de ce monde, on pourrait alors lui poser la question suivante : Lequel est le mâle ? Lequel est la femelle ?
Et oui ! vous êtes encore dans la matrice...
samedi 09 juin
Un Cousin du Hanneton Glouton de Tron
Dans Le Guide du Voyageur Galactique de Douglas Adams, il est conseillé d'éviter le regard du hanneton glouton de tron. C'est "un animal d'une atterrante stupidité : il est persuadé que si vous ne le voyez pas, il ne vous voit pas non plus -- con comme un balai mais très, très, très glouton".
Dans le même registre, mais plus classique, le lézard fait partie de la kyrielle d'animaux persuadés que, s'ils ne vous voient pas, vous ne les voyez pas non plus -- con mais classique.
jeudi 18 janvier
Crotte de lombric
Ce titre m'amuse. Quand on le dit vite, ça ressemble au juron "Crotte de bique" ... Mais ça rappelle aussi qu'avec les températures douces, la faune du sol est toujours au travail.
Les déjections des vers de terre sont pour certains des tourbillons, pour d'autres des tourillons, plus communément on les appelle des tortillons, mais en fait, leur nom spécifique est turricule. Ces turricules, fin mélange de matières organiques et minérales, constitue un terreau très nutritif pour les plantes en pot, bac ou jardinière.
C'est connu, cet animal laboure le sol en profondeur, l'aère, le transforme et l'ameublit. C'est un allié appréciable qui donne un coup de main au jardin.
En quelques chiffres, on se rend compte qu'il est des plus essentiels. Si tous les vers remontaient à la surface, il y en auraient environ 500 par m², ce qui en fait donc 4 millions par hectare. En région tempérée, les vers sont la troisième biomasse, c'est à dire la masse d'êtres vivants, après les micro-organismes et les plantes. Mais c'est la première biomasse animale : dans une pré, le poids total des vers serait plus grand que celui des vaches qui y paîtraient.
Les 10 premiers centimètres d'une prairie sont principalement constitués des déjections des vers de terre y ayant vécu les vingt années précédentes.
En général, on trouve le ver de terre à moins de 15 cm de profondeur, mais il peut descendre jusqu'à 1,80 m. En hiver, même quand il gèle, le lombric est actif, il fonctionne au ralenti mais est actif tout de même. Il descend simplement plus bas, en dessous du sol gelé.
Même si il a la capacité de donner deux nouveaux individus distincts après avoir été coupé en deux (cette régénération est une forme de clonage !), ce n'est pas une raison pour ne pas utiliser la fourche-bêche au lieu de la bêche. Et il vaut mieux bêcher en milieu de journée, moment où il se trouve en profondeur.
Enfin, le lombric fait partie des animaux qui sont des bons indicateurs biologiques d'accumulation. Il tolère notamment bien les métaux lourds et les stocke, ce qui permet de les identifier à l'analyse.
En savoir plus :
- Le ver de Terre (Wikipedia).
- Une chronique de Nature & Jardin.
- Le Lombricompostage (site Vers la Terre).
- Les vers de terre et le lombricompost (Emission Terre à Terre - France Culture).
lundi 18 décembre
Mangeoire simplissime
L'année dernière, j'avais bricolé des mangeoires pour oiseaux à base de remonte-cornichons, de tournesols glanés et de margarine. Peut-être bien que l'an prochain, j'exposerai la réalisation d'une mangeoire en dur (avec plexi pour observer les oiseaux, toit pour les abriter, etc).
Cette année je vais au plus simple, et mets de la nourriture à disposition des oiseaux en deux gestes. En fait, c'est à condition d'avoir, à l'issue de la dernière campagne de glanage, conservé quelques inflorescences (ou receptacles) séchées et couvertes de graines de tournesols.
De la main, entre le pouce et l'index, je rapproche deux torsades du grillage. Je pose le réceptacle séché de tournesol et je relâche le grillage. Et voilà !
Eventuellement, j'enfonce le toursol sur le fil de fer pour que ça tienne.
Au sommet du grillage, les oiseaux ont la vue dégagée. Peu inquiétés par les prédateurs, ils en deviennent un peu téméraires. J'ai beau être juste à côté, pour peu que je ne bouge pas trop, les mésanges vont et viennent.
Une fois vides de graines, ce qui reste du tournesol va rejoindre le tas de compost. Rien ne se perd.
mardi 05 décembre
Noël - 20 : Le vieux jardinier
Pour les tout petits, une petite histoire tirée de "365 rêves d'or, un conte chaque soir"

Le Vieux Jardinier
L'hiver est bien froid dans le bois.
La fauvette appelle la mésange bleue.
La mésange bleue appelle le merle.
Le merle siffle pour le geai.
Et le geai annonce à toutes les bêtes :
- Le vieux jardinier qui vit seul dans le bois est malade. Venez vite !
Le renard, le sanglier, le cerf et la biche courent à travers le bois glacé.
Le jardinier grelotte dans son lit défait.
Le sanglier fend des bûches, et un beau feu flambe dans la maisonnette.
Le renard tire de l'eau dans le puits.
La biche prépare un cataplasme. Le cerf fait des bouillottes et des tisanes.
Dans un lit moelleux, le vieux jardinier avale la tisane. Les oiseaux chantent.
- Vous serez vite guéri.
- Merci ! répond le jardinier qui se sent déjà tout ragaillardi.
mercredi 01 novembre
Nettoyage d'Automne
D'un côté j'installe des abris pour les insectes, et de l'autre j'enlève les nichoirs des oiseaux.
A partir de maintenant, il y a peu de chance que les nichoirs soient occupés. C'est donc l'occasion de les désinstaller pour les nettoyer.
Le faire plus tard dans la saison c'est prendre le risque de se trouver nez à nez avec un squatteur, du genre lérot par exemple. Comme un diable qui sort de sa boîte, ça surprend. La fois où ça m'est arrivé, je me souviens avoir été plutôt surpris à la vue d'un éclair noir et blanc jaillissant du nichoir. Même ma chienne, qui se tenait à côté de moi, n'a pas eu le temps d'avoir la moindre réaction.
En fonction de l'état où il se trouve, je vais nettoyer le nichoir à l'eau savonneuse ou à l'eau légèrement javellisé. Puis, je vais le laisser à l'extérieur dans un coin abrité où le gel hivernal finira le travail.
J'en profite pour voir de quoi le nid est fait.
En enlevant doucement toute cette matière, je vois des plumes entre deux couches. Puis l'aile, une patte et un crâne aplati. Un oisillon de la première nichée est mort, les autres s'en sont allés. Une deuxième nichée a ensuite eu lieu sur la première, faisant peu de cas du cadavre de l'oisillon.
Je viens de lire qu'on peut avoir intérêt à installer un second nichoir à proximité du premier, nichoir dont on débouchera l'entrée vers la fin de la première nichée. C'est un moyen d'éviter la transmission de parasites de la première nichée à la seconde.
En attendant, ce sont les mangeoires qui vont prendre la relève des nichoirs.
vendredi 06 octobre
Mais qu'est ce que c'est ?
Réponse ce week-end
Un indice :
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