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vendredi 09 mars

Vòlen rien foutre al païs, ils ne veulent rien foutre au pays

Volem rien foutre al païs (Nous ne voulons rien foutre au pays) vient de sortir en salle. Ce film documentaire coréalisé par Pierre Carles, Christophe Coello et Stéphane Goxe, est en quelque sorte un complément au précédent Attention Danger Travail qui traitait de ceux qui ont fait le choix de bien survivre au chômage plutôt que mal vivre en travaillant. Quant à Volem rien foutre al païs, il est question de refuser le monde de travail comme il est, et choisir une façon alternative de vivre, une façon autonome, solidaire.

volemVolem rien foutre al païs est un patchwork de séquences dont le fil est difficile à suivre. On commence avec une interview de Georges Pompidou, et on finit avec celle d'une Michèle Alliot-Marie déconcertée. Entre temps on assiste à des exemples d'autoconstruction à base de bottes de paille ou d'indépendance énergétique (le propriétaire est fier de montrer qu'il s'est débranché définitivement du réseau EDF et de dire qu'ils vivent à six avec un demi-salaire), à des expériences d'autarcie, à des manifestations du mouvement Dinero Gratis, au point de vue du MEDEF, au discours philosophique d'un mécanicien utilisateur du moteur à eau, ...

Volem ... est vraiment un patchwork qui parfois part dans tous les sens (que ce soit dans les thèmes ou le temps). On ne peut pas être d'accord sur tout ce qui y est montré. D'ailleurs, le documentaire ne se veut pas vraiment moralisateur, il n'apporte pas de réelles réponses. Il amène à la réflexion.

Ces collectivités qui ont fait le choix de s'extraire de la société de consommation, font des concessions voire des sacrifices. Ils vivent de leurs productions, ont besoin de gagner de l'argent juste pour un peu d'essence pour la voiture, les cigarettes et la picole. A côté de cela, tout au long du documentaire, on voit très peu d'enfants. C'est peut-être un signe que ces modèles de vie, tel qu'ils existent, ont peu d'avenir. Et que dire de l'absence de couverture médico-sociale : surtout ne pas tomber malade ...
Malgré soi, on pense à l'utopie. Or l'utopie est à proprement parler un lieu qui n'existe pas. CQFD.

Le titre du documentaire porte à confusion. Ceux qui ont choisi cette voie refusent le travail salarié mais pas l'activité choisie. D'ailleurs la valorisation (ou plutôt la dévalorisation) du travail occupe une large place.

Ce mode de vie a des aspects positifs. Tout comme le jardinage biologique actuel est différent du jardinage du début du XX° siècle, il ne s'agit pas du tout de retours en arrière vers un état moyenâgeux. Les contraintes économiques et les souhaits écologiques ont fait évoluer leur quotidien vers l'avant. Il est notamment un exemple récurrent, celui des toilettes sèches.

Je me souviens que dans les fermes, les toilettes se résumaient à un cabanon à distance de la maison avec un trou au-dessus d'une fosse à merde, fosse que l'on vidait régulièrement. Ici la fosse est remplacée par un seau, et l'élément essentiel qui fait toute la différence est la sciure. Une jeune femme d'une de ses petites communautés reconnait qu'ils ont fait des expériences. A la terre, la cendre ou le sable, c'est la sciure qui a été préférée notamment parce qu'elle apporte un équilibre azote-carbone au futur compost. Le quotidien de ces gens est mûrement réfléchi, leur survie en dépend.

Pas le temps de s'ennuyer en regardant Volem rien foutre al païs, on passe donc rapidement d'un cas à l'autre, d'un portrait pittoresque à l'autre. Ces exemples ne sont sans doute pas à suivre à la lettre, mais sont sources d'inspiration. Cependant, ironie de tout cela, je suis sorti du cinéma avec plus de questions qu'en y entrant.

Liens :
- le site du film Volem rien foutre al païs, avec diverses infos dont les prochaines dates de projections-débats
- Emission Là-bas si j'y suis (France Inter) du 8 mars 2007
- La critique de Film de Culte avec un des débats en mp3

Pondu par Din_Diu vers les 16:34:00, ce billet de la catégorie "Presse et média" fait l'objet de 10 commentaire(s) .

Commentaires

    Oui j'ai écouté l'émission de là-bas hier, qui en parlait.
    Ça ne m'étonne pas que ça soulève plus de questions que ne fournit de réponses (mais 'est à mon sens la gage d'un bon documentaire sur ce genre de thème).

    C'est marrant ton histoire de toilettes sèches, justement il en est très clairement question ici (http://simplicitevolontaire.bbfr.net/Bienvenue-sur-les-forums-SV-c1/accueil-des-nouveaux-f5/j-ai-vu-de-la-lumiere-et-je-suis-entree-t194.htm) dans des termes très proches de ceux que tu tiens ici.

    Posté par mirza, ce vendredi 09 mars à 19:12:46
  • concernant les toilettes et l écologie, voir le livre "comment chier dans les bois" aux éditions MONTAGne
    en ce qui concerne le film, pas vu, mais si l utopie d une vie choisie nous tente tous (enfin, pas tous mais nombreux) il faut aussi constater que la plupart de ces communautés dénonce un systeme mais en profite souvent (plusieurs RMI + des allocations diverses et on arrive à vivre ...) ; je ne dis pas cela par réaction négative contre eux (j ai fait partie de ceux qui en 1968 on voulu tenter le pas mais... ne l ont pas fait) mais il faudrait trouver une réelle solution hors système (autarcie totale ??? est ce possible dans notre environnement ???)

    Posté par hadrienne, ce dimanche 18 mars à 10:28:31
  • Des choix de vie imposés, hélas !

    Merci pour cette note sur une vie "alter". Dés que j'en ai l'occasion, j'irai voir ce docu.

    Force est de constater, qu'une vie atypique (c'est à dire qui ne s'inscrit pas dans la cadre d'un travail dans le sens salarié du terme) attire la méfiance.

    Il me semble, mais je n'en suis pas sûr, que le fondement de notre système social est le fait de cotiser. Or, dés qu'on pratique les échanges (SEL), l'autosubsistance, le glanage et la cueillette, la récupération ou le squat on devient un marginal et donc suspect !

    J'imagine que si une grande partie de la population de nos pays se mettait à adopter un tel mode de vie à savoir (sur)vivre de petits expédients, on serait face à une remise en cause fondamentale de la société.

    Pourtant, il n'est pas prouvé que de petites communautés bien organisées dans des villages à l'abandon seraient moins utiles socialement que des citoyens vivant dans le cadre d'une ville administrée et centralisée.

    En effet, on peut se poser de réelles questions suite à un tel film. Qui a intérêt à ce que le système actuel se maintienne et qu'un autre "décentralisé" et plus ou moins "autarcique" n'apparaisse pas ?

    Que de questions intéressantes !

    Posté par HK, ce dimanche 18 mars à 17:03:23
  • @ mirza : en effet ces retours à la nature sont en fait rarement des retours en arrière. Il y a une recherche appuyée pour vivre avec les meilleurs solutions.


    @ hadrienne : Tôt ou tard il va falloir que je le lise. Mais ce livre n'a pas besoin de mon blog pour se faire de la pub, il est déjà best-seller.
    Ceux du film ne sont pas les seuls dans le genre, mais souvent ceux qui dénoncent les systèmes sont ceux qui savent l'utiliser. Ceux qui ne connaissent pas le système ne peuvent pas le dénoncer en connaissance de cause. Logique, non ?
    Par contre ce qui était dit par certains dans le film, c'est que des aides comme le RMI pouvait être appropriées pour amorcer un nouveau mode de vie, une nouvelle économie.

    @ HK : c'est vrai qu'on en vient vite à des réflexions du type : les industries poussent à la consommations, et s'aliènent le consommateur, le rendent dépendant, ...
    Un des arguments le plus frappant c'est qu'il est plus économique pour le porte monnaie du consommateur de changer un produit de consommation que de le faire réparer...

    Posté par Din-Diu, ce lundi 19 mars à 20:42:50
  • En lisant ton billet, j'ai beaucoup pensé au film "l'an 01" d'après la BD de gébé dans les années 70 !
    Sinon, volem rien foutre al païs va passer en avril dans le 94, je vais essayer d'aller le voir !

    Posté par lalita, ce samedi 31 mars à 00:43:43
  • Intéressant, parce que justement "Volem rien foutre al païs" fait aussi allusion à "l'an 01".

    Posté par Din-Diu, ce mercredi 04 avril à 19:48:07
  • voila

    j'espere que c'est bien ça que tu voulais

    Posté par mamounia, ce mercredi 11 avril à 07:29:34
  • "ce que je voulais" c'est vite dit ... mais en fait je ne saisis pas vraiment le sens de ce très court commentaire.

    Posté par Din-Diu, ce jeudi 12 avril à 18:57:18
  • Vous parlez trop

    Vous parlez trop, vous imaginez, vous élucubrez,.. mais vous n'agissez-pas, et si, et si,...
    Prends ce terrain où ce bâtiment abandonné et installe-toi comme tu en as envie, et surtout comme tu en as le besoin pour subsister!

    Les éco-villages, c'est une légende et je sais de quoi je parle, apr contre, les "sauvages des bois", ils sont plus nombreux que l'on ne croit.

    On continue?

    Posté par Warzoubi, ce dimanche 15 avril à 00:39:19
  • On ne parle pas assez

    Agir sans réfléchir, c'est aller droit dans le mur. Beaucoup de baba-cool des années 60-70 sont revenus lessivés de leurs expériences rurales.

    Je n'aime pas du tout ce terme de "sauvages des bois", ceux qui font les choix évoqués plus haut, ont su faire évoluer leur mode de vie (mais là je me répète) et pour cela ils ont tout de même plus réfléchi que leurs prédécesseurs soixante-huitard.

    Je pense qu'il y a eu aussi beaucoup de discussions et d'échanges entre les diverses expériences menées (histoire de ne pas répéter les erreurs). On parle d'autonomie, d'autarcie mais pas de vie en vase clos.
    Cependant il faut une sacrée dose d'éculubrations, d'originalité, voire d'inconscience pour se lancer.
    et chacun à son rythme.

    Et parce que j'ai eu l'occasion de travailler en commun avec des personnes de Longo Maï et d'autres coopératives du même style, je sais qu'ils ont aussi l'opportunité de parler, même un peu trop

    Posté par Din-Diu, ce dimanche 15 avril à 20:12:25

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