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lundi 04 décembre

Noël - 21 : Grand Houx, Petit Houx

Même si ils portent le même nom, ils ne sont pas de la même famille. Le grand houx n'est absolument pas le petit houx qui aurait grandi. D'ailleurs, seul le grand houx est un houx, alors que le petit houx n'en est pas un, et c'est en fait, de son vrai nom, un fragon.
C'est à l'occasion des Fêtes de fin d'année, que la fièvre décoratrice les rassemble. Ramure verte et fruits rouges sont très tendance à cette époque de l'année.

houx_fragon
à gauche du houx, à droite du fragon
(illustrations tirées du
Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques de François Couplan et Eva Styner)

Le Houx
Ilex aquifolium

Parmi les plantes qui s'installent spontanément chez moi, le houx tient une bonne place. Les oiseaux l'apprécient grandement, en particulier les merles qui, friands de ces baies, les avalent d'un trait. Ensuite, le semis se fait au pied d'autres arbres par des voies naturelles. Mais attention, avec l'écorce de houx, on peut également préparer de la glu pour capturer les volatiles.

On rencontre cet arbre, de la famille des aquifoliacées, presque partout dans les forêts françaises. Il fait 4 à 5 mètres, voire 15, et jusqu'à 25. A condition d'être patient, sa croissance étant très lente.
Un houx est dioïque : il est soit mâle soit femelle. Si le houx de votre jardin ne donne pas de fruits, pas la peine de chercher bien loin, c'est un mâle. Dans le cas d'un arbre femelle, les fleurs blanches apparaissent en mai-juin à la base des feuilles, puis elles laissent place en août-septembre à des fruits charnus rouge corail. Ces fruits traverseront l'hiver, et si celui-ci est doux, ils se maintiendront jusqu'en mai.
Les mêmes rameaux porteurs de fruits donneront les fleurs l'année suivante. Il faut donc alterner les endroits de prélèvements si on souhaite avoir des décorations de Noël toujours à disposition.

Stratégie de survie, les jeunes arbres ont des feuilles épineuses, prévues pour tenir les herbivores à distance. Les plus vieux perdront ces épines jusqu'à n'en conserver qu'une.

Arbre important dans notre patrimoine, il est l'objet de nombreuses légendes. Il est sous le signe de Mars, son élément est le feu. Autrefois, le charbon obtenu à partir du houx était employé par les armuriers pour forger des épées et des haches de guerre.

Il est le symbole à la fois du feu et de l'obscurité. Le Roi du Houx, géant recouvert de branches de houx et pourvu d'une massue faite de broussailles, et le Roi des Chênes apparaissent comme les deux facettes du dieu de la Nature dans son rôle de protecteur et de maître des cycles.
Ils luttaient, dans les fêtes votives, pour la main d'une jeune vierge. En été, quand arrivait le solstice, le Roi du Houx l'emportait, et les jours raccourcissaient alors. Au solstice d'hiver, le Roi des Chênes renversait la situation. Cette lutte symbolisait la nécessaire variation des cycles saisonniers.

La chrétienté s'est aussi emparé du symbole fort du houx, et tout azimut. D'après une tradition béarnaise, Dieu créa le laurier, aux feuilles fermes et odorantes. Le diable s'essaya à l'imiter, sans grand succès. Il ne réussit qu'à concevoir le houx, aux feuillage épineux et dénué de parfum.
Quelques temps plus tard, pendant la fuite d'Egypte, le houx étendit ses branches pour dissimuler la Sainte Famille au yeux des soldats d'Hérode. En guise de reconnaissance, Marie l'aurait béni et, en la mémoire de cet événement, le houx resterait éternellement vert, symbole d'immortalité.

Le Fragon
Ruscus aculeatus

Je ne connais pas de légende à son sujet. Il paie peut-être sa petite taille qui le rend insignifiant à côté de son grand homonyme.
Par contre, je sais où en trouver (au bord d'un chemin, à l'ombre d'un frêne), et que les maçons l'utilisaient pour crépir les murs.

Ce petit arbuste, de 30-80 cm de haut, est de la famille des liliacées, c'est-à-dire de celle de l'ail et du lys. On le trouve de partout en France, mais il est plutôt méditerranéen. En fait ce qu'il aime, ce sont les bois et les forêts généralement secs et clairs, voire aride.

Ce qui le rend particulier, ce sont ses feuilles qui ne sont pas des feuilles. Ce sont en fait des rameaux très aplatis et ovales, appelés cladodes. La fleur puis le fruit poussent au milieu du rameau, donc de cette pseudo-feuille. Les vraies feuilles sont réduites à de petites écailles à la base des cladodes. Cette situation fait que la photosynthèse a lieu principalement, non pas au niveau des feuilles, mais au niveau des tiges de la plante.

Attention ! si les jeunes pousses, très fragiles, peuvent être mangées crues ou cuites comme des asperges, les baies sont toxiques. Donc, le fragon fait de belles décorations de Noël, à condition de le tenir hors de portée des enfants

 

Pondu par Din_Diu vers les 16:35:00, ce billet de la catégorie "Les Haies" fait l'objet de 1 commentaire(s) .

Commentaires

    Ah ben ça! je me coucherai moins c***e ce soir, ce que j'ai cueilli est donc du fragon! sympathique blog que je me permets de mettre dans les liens sur le mien !

    Posté par Ida-la fabrique!, ce mercredi 06 décembre à 13:18:54

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